RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

 

 


Revue de presse mensuelle VOL5 N°4 AVRIL 2004


Dans le domaine des sciences, nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 Jean Robin, Ph.D.


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

Virologie fondamentale

 

Virologie médicale (VIH)

 

Virologie médicale et appliquée

(Autres virus)

Calendrier des congrès en virologie

VIROLOGIE FONDAMENTALE

 * STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

La lyophilisation n'inactive pas le HIV

* CLASSIFICATION DES VIRUS

* ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

* TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

* DÉCAPSIDATION

* RÉPLICATION

L'utilisation de molécules inoffensives qui utilisent la même machinerie cellulaire que les virus pourrait être un moyen d'empêcher ceux-ci de se répliquer.

Détermination de la structure de l'hélicase UvsW du bactériophage T4

* MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

*INTERFÉRONS

*ONCOGÉNÈSE

Élucidation du rôle joué par l'herpès virus humain 8 dans le sarcome de Kaposi.

* INFECTION ET IMMUNITÉ

Un gène impliqué dans la réplication des poxvirus inhibe en outre les immuno-réactions et l'inflammation antivirales.

Changement de paradigme: HIV ne provoque pas l'apoptose de toutes les cellules T.

Un vecteur hybride de thérapie génique qui contient des composants de deux virus pourrait être un moyen de produire un vaccin contre une foule de maladies

La latence virale pourrait être une caractéristique du Virus respiratoire syncytial (VRS)

Le rôle du VIH dans la démence reliée au SIDA est élucidé


VIROLOGIE MÉDICALE

 VIH 

Chez les hommes circoncis, le risque de contracter le virus du SIDA est fortement abaissé.

Origine du sida : des chercheurs tordent le cou à une théorie controversée

Une nouvelle recherche suggère que Il-2 peut être administrée beaucoup moins fréquemment et sans perte d'efficacité contre le VIH.


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Vaccin ADN anti-SRAS mis au point sur la souris

SV40 et lymphome malin non-hodgkinien

Les chercheurs mettent au point des composés qui pourraient inhiber la réplication du virus de la leucémie/lymphome T de l'adulte

Des maladies virales potentiellement mortelles font leur apparition en Grande-Bretagne

Utilisation de virus dans la thérapie génique cardiaque

L'interféron-alpha pourrait traiter le SRAS

Traitement du mélanome par un des virus du rhume

Variole : interruption des essais d'un nouveau vaccin

Nouveau vaccin expérimental contre le SRAS

La transmission du SRAS serait provoquée par le système d'aération d'un immeuble

Y a-t-il un lien entre la mononucléose infectieuse et la sclérose en plaques (sclérose multiple?

Un vaccin ADN expérimental protège des primates contre le virus de la variole


CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE


NOUVELLES EN VIROLOGIE FONDAMENTALE


STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

La lyophilisation n'inactive pas le HIV

Une étude clinique publiée en 1985 avait suggéré que la lyophilisation pourrait inactiver le HIV. Ce n'est pas vrai. En effet, dans une expérience, des chercheurs ont soumis à la lyophilisation cinq échantillons d'os et de tissu infectés par le virus félin de la leucémie (VFL), un retrovirus qui a une structure et un cycle de réplication très semblables au virus de l'immunodéficience humaine, ou VIH. Dans tous les cas, le virus a survécu au processus. Il devrait en être de même pour le VIH.

Les auteurs concluent que, en conséquence, et contrairement à la croyance clinique actuellement répandue, on ne devrait pas compter sur la lyophilisation comme mesure supplémentaire de sécurité pour traiter des allogreffes de tissu connectif.

Référence: Matthew J. Crawford et al. Lyophilization Does Not Inactivate Infectious Retrovirus in Systemically Infected Bone and Tendon Allografts. Am. J. Sports Med., first published on Mar 11, 2004


CLASSIFICATION DES VIRUS


ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS


TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE


DÉCAPSIDATION


RÉPLICATION

L'utilisation de molécules inoffensives qui utilisent la même machinerie cellulaire que les virus pourrait être un moyen d'empêcher ceux-ci de se répliquer.

On sait que la transcription virale est principalement dévouée à l'expression de gènes de structure de la capside, aux polymérases réplicatives (ADN ou ARN dépendantes), et à quelques protéines régulatrices. Les virus à ARN, sauf les rétrovirus, possèdent en plus leur propre "transcriptase" (ARN polymérase ARN dépendante). Les virus à ADN et les rétrovirus ont une phase nucléaire obligatoire, et leur transcription dépend de l'ARN polymérase cellulaire. Au sein des cellules infectées, l'expression du génome viral entre en compétition avec une myriade de gènes cellulaires et il y a donc compétition entre les promoteurs viraux et les promoteurs cellulaires. Cette compétition a permis l'émergence de structures transcriptionnelles à la fois extrêmement efficace et compacte. Les virus ont dû développer des stratégies qui confèrent à leur mRNAs un avantage compétitif pour parvenir à une activité transcriptionnelle à la fois forte et spécifique.

Les ARNm viraux assurent alors la synthèse des protéines du virion . Cette synthèse doit être entièrement réalisée par la machinerie traductionnelle de la cellule (les ribosomes utilisés sont nécessairement d'origine cellulaire).

On peut imaginer d'utiliser le phénomène ci-dessus pour la lutte antivirale en élaborant des molécules capables d'entrer en compétition avec les ARN viraux en réduisant leur accès à la machinerie traductionnelle cellulaire.

Des chercheurs viennent d'analyser l'efficacité de cette approche antivirale dans des modèles informatiques où E. coli était parasitée par un virus particulier. Les modèles étaient basés sur des données fournies par des décennies d'études expérimentales biophysiques et biochimiques. En guise de molécule compétitive, les scientifiques ont utilisé un court morceau d'ARNc qui compétitionne avec les ARN viraux pour les mêmes ressources cellulaires. L'analyse a prouvé que quand la molécule compétitive était absente, le virus produisait plus de 10.000 copies de lui-même en moins de 20 minutes après infection. Par contre, en présence de la molécule parasite, aucune nouvelle progéniture virale n'était synthétisée. Il a aussi été prouvé que les molécules de diversion s'étaient développées en nombre par un facteur de 10,000 démontrant ainsi leur capacité à utiliser les ressources normalement utilisées par le virus.

La stratégie de compétition a surpassé les autres stratégies anti-virales à tous les niveaux. D'une part, elle a empêché la croissance virale, même à faible dose. D'autre part, elle n'a eu que des conséquences minima sur la physiologie propre de la cellule hôte et, enfin, elle a été tout aussi efficace lorsqu'elle a été utilisée tant avant que pendant le cycle d'infection. Une autre conclusion importante est que la stratégie n'a créé aucune condition favorable à l'apparition de souches virales résistantes à la drogue.

La prochaine étape est maintenant de mettre ces idées à l'épreuve en expérimentant directement sur des cellules infectées.

Référence: Hwijin Kim and John Yin . Quantitative Analysis of a Parasitic Antiviral Strategy. Antimicrob. Agents Chemother. 2004. 48: 1017-1020.


Détermination de la structure de l'hélicase UvsW du bactériophage T4

On sait que, dans la cellule, c'est une enzyme du noyau, l'ADN hélicase, qui sépare l'ADN en deux brins. L'ADN hélicase agit un peu comme la tirette d'une fermeture éclair qui sépare les deux parties de la fermeture.

Les nucléotides qui serviront à reconstituer le brin complémentaire sont présents en grande quantité dans le noyau. La cellule s'en garde toujours une bonne provision. Chacun de ces nucléotides libres contient trois groupements phosphates. Lorsqu'ils sont incorporés dans l'ADN, ils perdent deux phosphates ce qui fournit l'énergie nécessaire à leur liaison. C'est une autre enzyme du noyau, l'ADN polymérase III qui vient les apparier un à un sur chacun des deux brins séparés

Il est important de mener des études de relation structure-activité, c'est-à-dire de déterminer la structure de l'hélicase pour comprendre le mécanisme de son action. Des chercheurs ont décidé de le faire en utilisant l'hélicase UvsW du bactériophage T4.

Pour ce faire, ils ont utilisé la méthode de diffraction anormale dispersive multilongueurs d'onde (MAD) qui est une amélioration de la méthode classique de diffraction des rayons X. Ils ont réussi à obtenir une image tridimensionnelle de l'enzyme UvsW et à déterminer avec précision la structure de son point de contact avec l'ADN.

Étant donné que, outre la réplication, UvsW est également impliquée dans les processus de recombinaison et de réparation de l'ADN, les résultats autorisent une meilleure compréhension des deux phénomènes.

Source: http://www.globaltechnoscan.com/14thApr-20thApr04/genetic_engineering.htm


INTERFÉRONS


ONCOGÉNÈSE

Élucidation du rôle joué par l'herpès virus humain 8 dans le sarcome de Kaposi.

L'hypothèse d'une cause virale au sarcome de Kaposi fut soulevée dès le début des années 70. Ce n'est qu'en 1994 qu'elle s'étaya par la découverte de séquences d'ADN viral dans les lésions cutanées de malades infectés par le VIH. Le virus est aujourd'hui identifié comme l'herpès virus humain 8 (HHV 8) et a été entièrement séquencé.

Sa présence dans les lésions tumorales de toutes les formes connues du sarcome de Kaposi a été démontrée. Il a également été montré que l'infection par l'HHV 8 précédait l'apparition de la maladie : séroconversion pour l'HHV 8 et détection de séquences virales dans les lymphocytes du sang périphérique quelques mois ou années avant l'apparition de la maladie clinique. De plus, le niveau de prévalence des anticorps anti -HHV 8 (0 à 5% en Angleterre, 20% en Italie du Sud, 75% en Ouganda) et l'incidence du sarcome de Kaposi concordent. Ces arguments, associés à des données moléculaires, ont permis d'impliquer l'HHV 8 comme agent causal du sarcome de Kaposi

De nombreuses inconnues persistaient quant au rôle essentiel du virus dans la pathogenèse du sarcome de Kaposi. Plus précisément, on savait que le génome viral comportait une séquence oncogène nommée K1 qui, insérée dans le génome des cellules, les transformait de façon maligne. Toutefois, on ignorait comment K1 exerçait cet effet.

Le voile vient d'être levé par une équipe de chercheurs qui ont démontré que K1 agit en synthétisant des protéines qui favorisent la croissance anarchique des cellules et leur apparition en divers points de l'organisme.

- D'une part, on sait que le sarcome de Kaposi prend naissance dans les cellules endothéliales des vaisseaux sanguins et que les tumeurs résultent d'une surcroissance de vaisseaux sanguins. La recherche a montré que K1 était responsable de ceci en produisant une protéine qui favorise la sécrétion du facteur de croissance vasculaire endothéliale (VEGF), essentiel à la formation des vaisseaux sanguins.

- D'autre part, il est bien connu que le Kaposi n'est pas un cancer au sens habituel du terme : un cancer débute en un endroit et va diffuser soit localement soit à distance en envoyant des cellules par la circulation sanguine ; ce sont des métastases. Le Kaposi ne produit pas de métastases ; il peut, par contre, apparaître simultanément en plusieurs endroits. Là encore, le gène K1 serait responsable en synthétisant une autre protéine qui aurait pour effet de trans- activer le gène de la métalloproteinase-9 de matrice (Mmp-9) laquelle joue un rôle important dans l'angiogénèse.

Puisqu'il n'y a aucun traitement contre les virus de type herpès, la découverte du rôle du gène K1 dans la croissance et la diffusion du sarcome de Kaposi laisse espérer qu'un traitement bloquant la fonction du gène pourra aider à ralentir et contenir la maladie.

Référence: Ling Wang, Naohiro Wakisaka, Christine C Tomlinson, Scott M DeWire, Stuart Krall, Joseph S Pagano, and Blossom Damania. The Kaposi's Sarcoma-Associated Herpesvirus (KSHV/HHV-8) K1 Protein Induces Expression of Angiogenic and Invasion Factors. Cancer Res 2004 64: 2774-2781.


INFECTION ET IMMUNITÉ

Un gène impliqué dans la réplication des poxvirus inhibe en outre les immuno-réactions et l'inflammation antivirales.

Tous les spécialistes du bioterrorisme s'accordent à maintenir la variole au rang des menaces les plus graves, compte tenu des risques de mortalité élevée d'une épidémie et des intentions éventuelles des groupes terroristes. Si la dangerosité propre de ce virus en rend la manipulation et le conditionnement difficile, on ne peut écarter l'hypothèse d'une réintroduction délibérée, à des fins terroristes. L'organisation d'un programme de protection complet s'impose donc.

Dans ce cadre, il devient essentiel de mieux comprendre comment les poxvirus fonctionnent. Plusieurs équipes s'efforcent donc d'étudier le virus de la vaccine, qui est étroitement apparenté au virus variolique (similarité génétique de 97%), responsable de la variole.

Des scientifiques de l'université de l'Illinois viennent de déterminer qu'un segment de 5,2 kb de l'ADN du virus de la vaccine contenant six gènes, était responsable de l'inhibition d'un facteur essentiel de la transcription, le facteur NF kappa B (NF-KB). Dans leur recherche, les spécialistes ont constaté que NF-KB a pour fonction d'allumer d'autres gènes de la cellule hôte impliqués dans les immuno-réactions et l'inflammation antivirales.

Les scientifiques ont alors cherché à déterminer quels étaient les gènes spécifiques due segment d'ADN qui empêchaient l'activation de NF-KB. Pour ceci, ils ont inséré différents gènes du segment 5.2kb dans un vecteur poxvirus mutant qui normalement active NF-KB. Ils ont alors infecté des lignées de cellules d'humain et de lapin avec les nouveaux virus recombinants, et ont recherché des niveaux d'activité NF-KB. Ils ont pu constater qu'un virus recombinant contenant le gène K1L empêchait la dégradation de l'inhibiteur cellulaire de NF-KB, qui de ce fait était donc incapable d'activer les gènes responsables des immuno-réactions. Cette fonction additionnelle de K1L, suggère que les poxvirus peuvent activer ou désactiver NF-KB à des moments cruciaux de la réplication virale.

Depuis que cette étude a été achevée, les chercheurs ont trouvé une deuxième protéine qui inhibe NF-KB. Il doit donc y avoir de multiples gènes impliqués. L'espoir des investigateurs est que la compréhension de la machinerie moléculaires sous-jacente pourra permettre de fabriquer par la suite des vaccins antivarioliques plus sûrs en utilisant des virus qui manoeuvreraient spécifiquement des gènes.

Référence: Joanna L. Shisler and Xiao-Lu Jin. The Vaccinia Virus K1L Gene Product Inhibits Host NF-B Activation by Preventing IB Degradation. J. Virol. 2004 78: 3553-3560.


Changement de paradigme: HIV ne provoque pas l'apoptose de toutes les cellules T.

On savait, depuis 1998, que le VIH déclenche la mort programmée, ou apoptose, d'une variété de globules blancs, qui ont un rôle de "tueurs professionnels" des cellules infectées. On pensait même que ceci était le mode exclusif d'action du virus.

Ce paradigme vient d'être changé par une équipe américaine qui vient de démontrer que HIV ne tue pas toutes les cellules immunes infectées. Au lieu de cela, il empêche quelques unes de mourir. HIV, en quelque sorte, travaille à la fois comme comme épée et comme bouclier, détruisant quelques cellules T, mais prenant, par ailleurs, le contrôle de la machinerie génétique d'autres entités cellulaires dont il prévient l'apoptose et dans lesquelles il se cache.

Les chercheurs ont identifié le gène responsable du phénomène. Pour ce faire, ils ont utilisé une technique génétique appelée "hybridation soustractive et suppressive". En comparant par ce moyen des cellules T moribondes à des cellules T survivantes, ils ont pu identifier les protéines qui étaient associées à la survie cellulaire en interférant avec l'apoptose, ainsi que le gène cellulaire nommé HALP ("HIV-associated life preserver") qui était responsable de leur synthèse. Ce gène avait préalablement été identifié chez l'humain, mais on ignorait son rôle dans l'infection par HIV.

Il apparaît donc maintenant que, grâce à l'action de HALP, HIV peut demeurer à l'intérieur de certaines cellules T qui lui servent de "chevaux de Troie" grâce auxquels il peut échapper aux défenses immunitaires et se répandre dans tout l'organisme.

Ces études pourraient servir de base à de nouveaux traitements et plus spécifiquement à la mise au point de futures drogues qui viseraient les protéines qui aident HIV à survivre.

Référence: Finkel et al. "Differential gene expression during HIV-1 infection analyzed by suppression subtractive hybridization." AIDS. 2004, volume 18, pages 587-596.


Un vecteur hybride de thérapie génique qui contient des composants de deux virus pourrait être un moyen de produire un vaccin contre une foule de maladies

C'est ce qu'espèrent des chercheurs de l'Université de Baylor. Dans leur travail, ils ont fabriqué un vecteur qui rassemble les dispositifs de l'adénovirus qui le rendent capable d'infecter les tissus respiratoires et ceux du réovirus qui lui permettent d'infecter les membranes muqueuses de l'intestin. Plus précisément, une protéine principale du réovirus qui lui permet d'entrer dans l'intestin a été insérée dans un adénovirus. Ce nouveau vecteur peut donc maintenant s'attacher aux surfaces des muqueuses et introduire dans les cellules de celles-ci les gènes dont il sera porteur. Étant donné que la majorité des virus pathogènes ont les muqueuses pour porte d'entrée (par exemple, les muqueuses génitale, anale et parfois bucco-pharyngienne sont des portes d'entrée pour les virus responsables de maladies sexuellement transmises (HSV2, hépatite B, HIV), le vecteur peut s'avérer d'une grande efficacité pour repousser ces agents infectieux..

Les chercheurs testeront d'abord l'efficacité vaccinale du vecteur hybride contre HIV chez la souris. S'il s'avère utile contre ce virus, il pourra sans doute l'être aussi pour une grande variété d'autres virus pathogènes puisqu'il est possible d'y insérer n'importe quel gène vaccinal.

Référence: George T. Mercier et al. A chimeric adenovirus vector encoding reovirus attachment protein 1 targets cells expressing junctional adhesion molecule 1. PNAS published April 12, 2004, 10.1073/pnas.0400542101


La latence virale pourrait être une caractéristique du Virus respiratoire syncytial (VRS)

Ce virus, très commun, affecte la majorité des enfants avant l'âge de trois ans. Chez le nourrisson et le vieillard, le virus est connu pour la gravité potentielle, des infections broncho-pulmonaires qu'il induit. Par ailleurs, il serait également responsable d'une proportion importante des rhumes hivernaux de l'adulte.

On savait que la récidive était très fréquente (environ 50 % au cours de la première année, 25 % à l'âge de 5 ans), mais sans pouvoir l'expliquer..

Voici qu'une équipe de chercheurs vient de proposer une explication en montrant que le VRS, à l'instar du virus de l'hépatite, du VIH ou des virus herpès, pourrait entrer en latence et être réactivé plus tard. L'infection persistante étant asymptomatique, les sujets infectés seraient autant de porteurs sains susceptibles de propager la maladie.

La démonstration n'est qu'indirecte. En effet, les chercheurs ont infecté des souris avec le RSV humain, et ont pu constater qu'après 14 jours, le virus ne pouvait plus être détecté dans les échantillons prélevés dans les voies aériennes, mais que son matériel génétique (ARN viral) était toujours présent le tissu pulmonaire plus de 100 jours après. L'équipe croit que ceci peut également être le cas chez l'homme, et que longtemps après que les symptômes initiaux, tels que la toux et les éternuements, ont disparu, le virus pourrait encore être dormant dans l'organisme. Par la suite, et quand les conditions sont favorables, il lui serait possible d'entrer dans un cycle productif et de redevenir infectieux.

Référence: Jurgen Schwarze, Diarmund R. O'Donnell, Angela Rohwedder and Peter J. M. Openshaw. Latency and Persistence of Respiratory Syncitial Virus Despite T Cell Immunity, American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, Vol 169. pp. 801-805, (2004)


Le rôle du VIH dans la démence reliée au SIDA est élucidé.

Il est connu que confusion mentale ou démence sont des états qui se rencontrent fréquemment en cas de maladie liée au VIH. La personne atteinte peut avoir des difficultés à se mouvoir ou ne plus se rendre compte de ce qui se passe autour d'elle. Elle peut perdre la mémoire et devenir incapable de penser clairement. Elle peut se rendre compte de cet état de confusion de façon intermittente, ce qui peut être très troublant pour ceux et celles qui la soignent. On parle parfois de "démence reliée au SIDA" ou de "neuro-SIDA".

Pour expliquer ces phénomènes, on alleguait que le virus pouvait infecter et détruire des cellules du système nerveux central. La théorie communément admise était que HIV infectait, dans le cerveau, les les macrophages et la microglie comprenant les cellules immunitaires du système nerveux central. La résultante globale aboutissait à la production de cytokines et des chemokines qui tuaient les neurones. Ainsi donc, on pensait que ce n'était pas le virus lui-même qui faisait mourir les cellules nerveuses, mais que celles-ci étaient tuées par des substances produites par les cellules infectées.

Une équipe de chercheurs a vérifié si cela était vrai. Pour ce faire, les scientifiques ont examiné ce qui arrivait aux cellules nerveuses, lorsqu'elles étaient infectés par le VIH. Ils ont trouvé deux voies métaboliques bien définies activées par des protéines du virus et aboutissant à la mort des cellules. D'autres expériences, faisant appel à la technologie des microréseaux ont pu, par ailleurs, établir que les niveaux de cytokines et des chemokines étaient bas et peu susceptibles d'être la cause de la mort des neurones Ainsi donc, et contrairement à ce qu'on croyait auparavant, c'est principalement le virus et les protéines virales qui causent la mort neuronale.

Référence: Yan Xu et al. HIV-1-mediated apoptosis of neuronal cells: Proximal molecular mechanisms of HIV-1-induced encephalopathy. PNAS published April 21, 2004.


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE


VIH


Chez les hommes circoncis, le risque de contracter le virus du SIDA est fortement abaissé.

Depuis les premières études sur le sida, on sait que les sujets circoncis sont moins souvent infectés par le VIH que les individus non circoncis. Cette constatation a été confirmée par la plupart des recherches épidémiologiques conduites tant dans les pays développés que dans le Tiers monde. Pour expliquer cette réduction indéniable du risque, trois théories s'affrontent. Pour les uns la circoncision, dont la pratique repose sur des obligations religieuses ou des facteurs culturels, serait simplement un marqueur épidémiologique de comportements sexuels à moindre risque. Pour les autres, la circoncision diminue le nombre de maladies sexuellement transmissibles (MST) et en particulier celles qui s'accompagnent d'ulcérations génitales et supprime ainsi un facteur favorisant l'entrée du VIH dans l'organisme. Pour les derniers enfin, la protection conférée est bien directe et biologique, l'ablation du prépuce éliminant une porte d'entrée du virus puisque cette muqueuse porte de nombreuses cellules cibles comme des lymphocytes CD4+ et des cellules de Langerhans.

Une nouvelle étude conduite en Inde semble donner raison aux partisans de cette dernière thèse, ce qui n'est pas sans conséquences pratiques potentielles. Steven Reynolds et coll. ont suivi de façon prospective durant 7 ans, 2298 hommes séronégatifs pour le VIH qui avaient consulté dans un dispensaire de prise en charge des maladies vénériennes à Pune en Inde. Parmi ces sujets, 191 étaient circoncis et 2107 ne l'étaient pas. Les caractéristiques démographiques et les facteurs de risque classique de contamination par le VIH étaient similaires entre les deux groupes (nombre de partenaires, utilisation de préservatifs, niveau socio-culturel…). Les seules différences significatives (et attendues) entre les circoncis et les autres étaient l'appartenance religieuse (62 % des sujets circoncis étant musulmans contre seulement 0,1 % des non circoncis) et la présence d'une ulcération génitale lors de la première visite (3 % contre 6,7 %). Au cours du suivi, le pourcentage de cas de syphilis, de gonococcies et d'infections génitales herpétiques à HSV-2 a été équivalent dans les deux groupes, ce qui semble confirmer la similarité des facteurs de risque de contamination sexuelle. Durant la même période 2 sujets circoncis contre 165 non circoncis sont devenus séropositifs pour le VIH soit une diminution significative du risque relatif ajusté de 85 % avec un intervalle de confiance à 95 % compris entre 38 % et 96 %, p=0,0089. Il semble donc, qu'à comportement à risque équivalent, les sujets circoncis aient une probabilité de contamination par le VIH divisée par 6,7. Ces résultats corroborent fortement la thèse biologique qui attribue à l'ablation d'une porte d'entrée virale le rôle bénéfique de la circoncision, l'absence de protection vis à vis de certaines autres MST s'expliquant par des portes d'entrée différentes comme par exemple la muqueuse urétrale dans le cas de la gonococcie. Pour les auteurs, cette étude, qui confirme de nombreux autres travaux, devrait conduire à initier un essai clinique de la circoncision parmi des populations à risque. Mais on peut gager que la mise en place d'une telle étude se heurtera à des réticences culturelles majeures et à l'opposition de certains comités d'éthique dans de nombreuses régions du monde

Référence: Steven J Reynolds et al. Male circumcision and risk of HIV-1 and other sexually transmitted infections in India. Lancet 2004; 363: 1039-40


Origine du sida : des chercheurs tordent le cou à une théorie controversée

Les scientifiques sont d'accord sur un point: le virus du sida humain (VIH) a pour ancêtre un virus de l'immunodéficience simienne (VIS) du chimpanzé. Mais reste à déterminer quand et comment ce virus de singe a franchi la barrière d'espèce pour passer à l'homme.

Deux journalistes américains, Tom Curtis (1992, magazine Rolling Stone) et Edgard Hooper (1999, livre The River), ont mis en cause le vaccin anti-polio de l'Américain Hilary Koprowski administré de 1957 à 1960 à un million de personnes, en grande partie dans l'ex-Zaïre (RDC). Hooper a développé une théorie reliant cette campagne de vaccination expérimentale et l'apparition du sida, arguant que des tissus de chimpanzés, potentiellement contaminés, auraient servi à fabriquer cette ancienne version de vaccin oral.

Cette théorie est à présent réfutée par une équipe internationale conduite par un biologiste de l'évolution américain, preuves directes à l'appui.

- d'une part, les chercheurs ont découvert un nouveau variant du virus du sida du singe - le VIScpzRDC1 (en Anglais SIVcpzDRC1) - parmi les chimpanzés de cette région. Cette nouvelle souche de VIS n'est pas l'une de celles dont est issu le VIH-1, le virus responsable de la pandémie du sida humaine, et ainsi il apparaît que les chimpanzés (de la région en cause) ne sont pas la source de la pandémie de sida humaine.

- d'autre part, les chercheurs n'ont pas trouvé dans les 97 prélèvements de selles de chimpanzés recueillis de virus apparenté à celui du sida humain .

Ainsi donc, l'hypothèse reliant le sida à ce vaccin contre la poliomyélite devrait être abandonnée.

Référence: Michael Worobey et al. Origin of AIDS: Contaminated polio vaccine theory refuted. Nature 428, 820 (22 April 2004)


Une nouvelle recherche suggère que Il-2 peut être administrée beaucoup moins fréquemment et sans perte d'efficacité contre le VIH.

L'interleukine-2 (IL-2) est une hormone (cytokine) qui contribue au développement des CD4 (lymphocytes T, cellules immunitaires qui luttent contre l'infection) et pourrait favoriser le rétablissement du système immunitaire. C'est une substance fabriquée naturellement par les cellules CD4 de l'organisme. Les gens infectés par le VIH-1 ne produisent pas suffisamment d'IL-2. Il était donc logique de rechercher si l'administration d'IL-2 peut faire augmenter le nombre de lymphocytes T et ralentir la progression de l'infection au VIH.

Il y a plus de 20 ans que des essais d'efficacité de l'IL-2 ont été menés. Tous étaient concluants et étaient basés sur un mode d'administration dans lequel IL-2 était administrée bi-quotidiennement au cours de cycles de cinq jours séparés d'un mois.

Un nouvel essai a été fait qui se proposait de mesurer les effets de l' interleukine-2 selon un mode d'administration moins fréquent. Il a été conduit sur 77 personnes infectées par le VIH. Sur une période de six ans, les sujets ont reçu, pendant des cycles de cinq jours séparés par des délais variables et toujours supérieurs à un mois, l'IL-2 par injections sous-cutanées bi-quotidiennes. Sur les 77 volontaires, 66 réalisèrent des niveaux presque normaux des cellules TCD4 pendant des périodes s'étendant de deux à 91 mois entre les cycles d'administration d'Il-2. Pendant la période la plus récente de l'étude, le temps moyen entre les cycles était de plus de 3 ans. Sur les 16 non participants, un mourut, un autre développa un lymphome non-Hodgkinien, huit choisirent de suivre d'autres modes de traitement et six expérimentèrent une chute du compte de cellules CD4.

La nouvelle recherche suggère donc que Il-2 peut être administrée beaucoup moins fréquemment et sans perte d'efficacité.

Référence: Claire E. Farel et al. Induction and maintenance therapy with intermittent interleukin-2 in HIV-1 infection. Blood 2004 103: 3282-3286.


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS


Vaccin à ADN anti-SRAS mis au point sur la souris

Le principe du prototype de vaccin est de faire produire par les cellules de l'organisme des protéines similaires à celles se trouvant à la surface du virus. Ceci afin de permettre au système immunitaire de bâtir une défense capable de reconnaître et de neutraliser le virus du SRAS. En l'occurrence, les chercheurs ont ciblé une protéine de la surface de l'enveloppe du coronavirus responsable du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). Le virus se sert de cette protéine pour accéder aux cellules et les infecter.

Les scientifiques ont confectionné un vaccin à ADN qui code pour cette protéine. Ils ont par ailleurs modifié ce bout d'ADN de façon à minimiser les risques de recombinaison avec le programme génétique du virus du SRAS ou avec d'autres coronavirus.

Selon les résultats, ce vaccin a réduit de façon spectaculaire le niveau de virus dans les poumons infectés des souris, de plus d'un million de fois.

Les chercheurs préparent maintenant d'autres expérimentations afin d'évaluer la sécurité et l'innocuité du vaccin et sa capacité à induire des réponses immunitaires équivalentes chez les humains.

Référence: Zhi-Yong Yang et al. A DNA vaccine induces SARS coronavirus neutralization and protective immunity in mice. Nature. Vol 428 No 6982 pp561-563


SV40 et lymphome malin non-hodgkinien

La fréquence des lymphomes malins non Hodgkiniens (LMNH) a doublé en 30 ans.

De nombreux virus ont été soupçonnés. Principalement le virus simien 40 (SV40) qui avait contaminé certains vaccins contre la polio (vaccins Salk). La production du vaccin avait été arrêtée après que la contamination virale ait été découverte, mais la contamination a été massive et le virus SV40 est présent dans le corps de plusieurs millions de personnes sans que l'on sache exactement ses effets. Les personnes infectées peuvent passer le virus à d'autres par l'intermédiaire de la salive ou d'autres fluides corporels.

Reconnu cancérigène chez les rongeurs, les preuves de l'oncogénicité humaine de ce virus se font de plus en plus nombreuses, comme la présente étude qui montre que plus de la moitié de patients ayant un lymphone non hodgkinien portent le virus SV40 dans leurs tumeurs. Par contre, il est totalement absent chez les individus sains. Les chercheurs spéculent que l'organisme pourrait garder l'infection sous contrôle jusqu'à ce que "un événement de transformation" ait lieu, comme, par exemple, une autre maladie. Alors le virus pourrait se réactiver et causer le cancer.

Le fait qu'on retrouve chez les individus affectés une protéine oncogène fait soupçonner que SV40 empêcherait, grâce à la synthèse de son antigène T, les gênes suppresseurs de tumeurs, p53 et pRb, de jouer leur rôle, et donc qu'il jouerait un rôle indirect dans le processus de cancérisation.

Plus de recherches et d'évidences sont encore nécessaires, mais si le lien entre SV40 et lymphome malin non hodgkinien était confirmé, ceci autoriserait l'espoir d'un traitement de la maladie par vaccination contre le virus.

Source: Meeting de l' American Association for Cancer Research, tenu fin mars 2004 à Orlando, Floride.


Les chercheurs mettent au point des composés qui pourraient inhiber la réplication du virus de la leucémie/lymphome T de l'adulte

L'HTLV-1, premier rétrovirus découvert chez l'homme, est l'agent étiologique d'une lymphoprolifération maligne de très sombre pronostic, la leucémie/lymphome T de l'adulte et d'une neuromyélopathie chronique invalidante, la parésie spastique tropicale ou myélopathie associée à l'HTLV-1.

Comme tous les rétrovirus, le HTLV-1 code une polyprotéine qui sera découpée en protéines (de capside, de nucléocapside et de matrice) par une protéase virale. Comme c'est le cas pour un autre rétrovirus, le virus du SIDA, les chercheurs ont pensé que cette enzyme pourrait être une cible de choix pour une stratégie antivirale. Bloquer l'enzyme protéase empêcherait l'assemblage correct des virus nouvellement formés qui seraient donc, par conséquent, incapables d'infecter d'autres cellules.

Pour commencer, il est essentiel de comprendre le mode d'action de la protéase et, notamment, de déterminer comment l'enzyme identifie les acides aminés au niveau desquels elle est censé couper. Cette information devrait servir à trouver des composés qui se fixent aux sites ainsi visés par l'enzyme et à inhiber ainsi le clivage de la polyprotéine virale.

Utilisant des peptides car ceux-ci sont faciles à synthétiser (d'autres composés pourraient être utilisés), une équipe américaine a effectué des analyses cinétiques pour déterminer l'efficacité de chaque composé. Ces analyses ont utilisé un substrat normal qui se compose d'un segment d'une chaîne d'acides aminés contenant un site où la protéase de HTLV-1 peut couper. Le substrat est en outre traité avec un agent fluorescent qui indique l'endroit où est coupée la chaîne. Quand on ajoute alors un composé potentiellement inhibiteur au substrat, on peut ainsi déterminer optiquement la vitesse à laquelle la protéase coupe la chaîne. Plus le taux est lent, plus l'inhibiteur est efficace. Cette méthode est rapide et l'équipe pense pouvoir l'améliorer jusqu'à être capable de tester 96 composés différents en 45 minutes.

Les chercheurs croient que ce travail pourrait mener à la découverte d'un nouvel agent pharmaceutique dans environ cinq ans.

Source: 227th national meeting of the American Chemical Society (ACS),Anaheim, Calif. 1er Avril 2004.


Des maladies virales potentiellement mortelles font leur apparition en Grande-Bretagne

Des essais menés sur 30 espèces d'oiseaux à travers le pays ont permis de trouver, chez 50% des sujets, des anticorps à trois virus potentiellement mortels (virus du Nil occidental, virus d'Usutu et virus de Sindbis). L'infection des oiseaux était subclinique ce qui indiquait qu'ils étaient sains mais la présence des anticorps suggère qu'ils ont été exposés aux agents pathogènes de ces maladies.

Jusqu'ici, il n'y a aucune évidence d'un risque pour les animaux ou les humains.

On spécule sur les causes de cette apparition de virus loin de leur zone géographique. Toutefois, il y a longtemps que les spécialistes avertissent que le réchauffement climatique étendra probablement les zones propices à la propagation de maladies dites à vecteur. Ce terme désigne les pathologies pour lesquelles l'agent pathogène (un microbe, un parasite....) est transporté par un "vecteur", c'est à dire un animal - en général de petite taille - qui est susceptible de contaminer l'homme, souvent par le biais de morsures ou de piqûres (un moutisque ou une mouche, par exemple, mais aussi les puces, les tiques....).

Il convient enfin de noter que, comme pour tout "risque" lié au changement climatique, il faut à la fois regarder la manière dont le monde qui nous entoure peut changer, mais aussi comment s'améliorent nos moyens de réponse, ou au contraire quelles sont les évolutions simultanées qui peuvent affaiblir les capacités de résistance. De ce dernier point de vue, la concentration urbaine croissante, qui favorise les contaminations en série, et le développement massif du transport aérien, qui favorise les déplacements rapides d'un continent à l'autre des éventuels micro-organismes pathogènes, nous rend probablement plus vulnérables à l'apparition de nouvelles souches d'agents pathogènes.

Source: Professeur Gould. Communication à au 154e meeting de la Society for General Microbiology.


Utilisation de virus dans la thérapie génique cardiaque

A l'aide d'un virus rendu inoffensif, une équipe américaine a transféré un gène dans des cellules cardiaques endommagées, suite à une insuffisance cardiaque congénitale (insuffisance cardiaque congestive). Ce nouveau gène a pour rôle d'inhiber l'activité de la kinase béta-bloquante. A haute dose, cette enzyme réduit l'activité contractile du cœur. In vitro, les chercheurs ont constaté que lorsque la synthèse de cette enzyme était bloquée, les cellules cardiaques étaient à nouveau capables de se contracter normalement.

Ces résultats encourageants permettent d'envisager des essais cliniques sur l'homme, et si alors d'espérer, à terme, un traitement efficace pour soigner les patients atteints d'insuffisance cardiaque.

Source: http://news.bbc.co.uk/1/hi/health/3601785.stm


L'interféron-alpha pourrait traiter le SRAS

Il n'y a actuellement aucun traitement ou vaccin efficace contre le SRAS. Les vaccins sont à l'étude, mais un long temps peut s'écouler avant leur mise au point. Les drogues antivirales pourraient donc constituer la meilleure manière de solutionner le problème.

L'interféron-alpha, un antiviral utilisé contre un large éventail de virus, s'était montré prometteur en culture de cellules contre le SRAS. Albert Osterhaus et ses collègues viennent de le tester in vivo. Les chercheurs ont donné à des macaques trois doses d'interféron-alpha, et les ont alors infectés avec le virus du SRAS. Ils ont alors pu constater que, deux jours plus tard, les gorges des animaux étaient presque exemptes de particules virales, ce qui signifiait qu'ils exhalaient peu de particules infectieuses. A l'opposé, le virus pullulait dans les gorges des animaux non traités. Les singes traités avaient également 10,000 fois moins de particules virales infectieuses dans leurs poumons que les animaux non traités. Ceci laisse entendre que la drogue a ralenti la réplication virale. De plus, les macaques traités à l'interféron présentaient moins de liquide dans la plèvre ce qui leur permettait de respirer plus facilement. Quand l'interféron-alpha fut donné après infection avec le virus, les effets furent semblables mais moins prononcés.

La drogue est déjà disponible dans le commerce et ne présente aucun effet secondaire sérieux. La prochaine étape sera de l'utiliser dans des essais cliniques si une autre épidémie de SRAS se produit

Référence: Haagmans, B. L. et al. Pegylated interferon-a protects type 1 pneumocytes against SARS coronavirus infection in macaques. Nature Medicine. 10, 290 - 293 ((01 Mar 2004).


Traitement du mélanome par un des virus du rhume

Le mélanome est un redoutable cancer de la peau, souvent mortel. Il est de plus en plus répandu.

Selon des chercheurs de l'université de Newcastle ( Australie ) les cellules du mélanome peuvent être détruites en les infectant avec un des virus du rhume. Le traitement consiste à injecter le coxsackievirus A21 (CAV21) à l'endroit où se trouve le mélanome. En se développant le virus tue le mélanome. En quelques semaines, la taille de la tumeur diminue avant de finalement disparaître. Par la suite, il est espéré que, lors d'une action secondaire, le virus va circuler dans le corps pour détecter et tuer les autres mélanomes, qui n'auraient pas pu être décelés.

Les résultats obtenus sur des cellules humaines et lors d'études avec des animaux ont été très favorables. Ce traitement sera maintenant testé sur quelques malades en phase terminale. Le traitement pourrait être disponible d'ici un an ou deux.

En attendant les autorisations nécessaires pour l'utilisation de ce traitement, il s'agit là du meilleur espoir pour les 7 000 cas annuels en France et les 4 000 au Canada. Le cancer de la peau est parmi les 10 plus mortels autant chez l'homme que chez la femme.

Référence: Darren R. Shafren et al. Systemic Therapy of Malignant Human Melanoma Tumors by a Common Cold-Producing Enterovirus, Coxsackievirus A21. Clin. Cancer Res. 2004 10: 53-60.


Variole : interruption des essais d'un nouveau vaccin

En raison de la survenue de complications cardiaques - trois cas de réactions inflammatoires du myocarde et du péricarde - chez les 1 132 volontaires ayant participé à un tel essai , un essai de vaccin contre la variole en phase III, vient d'être brutalement interrompu aux États-Unis.. Avant-dernière phase des essais cliniques juste avant la commercialisation, la phase III consiste à comparer tout nouveau produit au traitement classique de référence.

Ce nouveau vaccin "Acam 2000" dit de deuxième génération est fabriqué par une jeune société de biotechnologie Acambis, basée des deux côtés de l'Atlantique à Cambridge (États-Unis) et Cambridge (Grande-Bretagne), d'où son nom Acambis.

Pourtant, les avertissements n'avaient pas manqué:

- en août dernier, alors que les Américains au nom de la menace bioterroriste avaient décidé de recourir au vaccin classique pour protéger 500 000 personnes - militaires et civils appartenant au personnel soignant - le docteur Brian Storm (université de Pennsylvanie) avait mis en garde contre une telle décision. "Il ne me semble pas raisonnable d'utiliser un vaccin aux effets secondaires certains contre une maladie qui n'existe pas. Ce n'est pas éthique..."

- il y a tout juste un an, le Centre de contrôle des maladies d'Atlanta (CDC) avait recensé vingt-cinq cas de complications cardiaques diverses (infarctus, angine de poitrine, myocardite et péricardite) chez les 365 000 militaires et les 33 000 civils immunisés préventivement avec le vaccin classique contre cette menace virtuelle. Le CDC avait alors contre-indiqué la vaccination chez les personnes ayant des facteurs de risque cardiaque en attendant les résultats d'une enquête plus poussée.

Source: http://www.cidrap.umn.edu/cidrap/content/bt/smallpox/news/apr1304acambis.html


Nouveau vaccin expérimental contre le SRAS

Un vaccin expérimental contre le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a donné de bon résultats sur des souris, leur permettant de lutter efficacement contre le virus, ont annoncé lundi des chercheurs américains.

Ce récent vaccin expérimental utilise la spicule (protéine S), une pointe protéique qui entoure la membrane de la capside du virus causant le SRAS, qui permet au virus de pénétrer dans les cellules humaines. Pour l'élaborer, les chercheurs ont inséré un gène encodant la protéine S dans un virus appelé vaccine Ankara modifiée (MVA), utilisé dans le vaccin antivariolique. Ni la MVA, ni le gène inséré ne peuvent provoquer le SRAS. Mais la MVA transporte le gène de la protéine S dans l'organisme, le préparant à lutter contre une attaque du SRAS.

Deux groupes de huit souris ont reçu une dose de vaccin MVA/S, par voie nasale ou en injection intramusculaire, à quatre semaines d'intervalle. Un mois après la seconde vaccination, les souris ont été exposées au SRAS par voie nasale. Deux jours plus tard, les chercheurs ont examiné les poumons des rongeurs et n'ont trouvé presque aucune trace de réplication du virus.

Des examens sanguins ont révélé la présence d'anticorps spécifiques à la protéine S chez les souris inoculées avec le vaccin expérimental. En outre les chercheurs ont découvert que le sérum sanguin des souris immunisées (contenant les anticorps efficaces contre le SRAS), quand il est injecté à des souris non immunisées, leur permet de lutter presque aussi bien contre une infection par le SRAS que le vaccin lui-même.

Référence: Himani Bisht et al. Severe acute respiratory syndrome coronavirus spike protein expressed by attenuated vaccinia virus protectively immunizes mice. PNAS published April 19, 2004


La transmission du SRAS serait provoquée par le système d'aération d'un immeuble

Le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) peut se transmettre par le système d'aération d'un immeuble, selon une étude américaine. Ces conclusions vont dans le même sens que des travaux publiés en décembre 2003 aux Etats-Unis, montrant que le virus pouvait se transmettre dans un avion quand les symptômes de la maladie sont déjà développés.

Dans l'étude la plus récente, les chercheurs ont déterminé que 99 patients parmi les 187 premières personnes contaminées au sein du complexe d'immeubles Amoy Gardens de Hong Kong vivaient dans le même bâtiment portant la lettre E. Il a été démontré que les résidents des étages moyens et supérieurs du bâtiment E couraient un risque significativement plus élevé que les résidents des étages inférieurs.

Ce résultat s'explique par la montée de l'air chaud contaminé dans le tuyau de ventilation émanant d'un appartement d'un étage moyen, qui avait été visité à plusieurs reprises par la première personne contaminée par la maladie. En outre, la dissémination du virus par voie aérienne vers les autres bâtiments de ce complexe d'immeuble, entraînant d'autres cas, correspond bien à la dissémination d'air contaminée prédit par un modèle informatique utilisé par les chercheurs.

La transmission par voie aérienne paraît donc expliquer l'épidémie de SRAS au sein d'une même communauté et les efforts de prévention et de contrôle doivent prendre en compte le potentiel de transmission par voie aérienne de ce virus.

Référence: Ignatius T.S. Yu et al. Evidence of Airborne Transmission of the Severe Acute Respiratory Syndrome Virus. New Engl. J. Of Medicine. Volume 350:1731-1739 (April 22, 2004)


Y a-t-il un lien entre la mononucléose infectieuse et la sclérose en plaques (sclérose multiple?

La sclérose en plaques est une affection inflammatoire démyélinisante des centres nerveux caractérisée par des plaques de sclérose de taille limitée disséminées en plus ou moins grand nombre à la surface des circonvolutions cérébrales et de la moelle épinière et visibles aussi sur les coupes de ces organes. Elle peut atteindre la substance blanche du cerveau, du cervelet, du tronc cérébral, du bulbe ou de la moelle épinière.

On sait que la substance blanche ou myéline est une substance lipidique blanchâtre qui engaine, protège et nourrit la fibre nerveuse. Les lésions (destruction des plaques de myéline appelée myélinolyse) ont pour conséquence de profondes altérations de la conduction des messages nerveux.

La sclérose en plaques atteint l'adulte jeune et se révèle le plus souvent entre 20 et 40 ans. Environ 2.000.000 de personnes en sont atteintes dans le monde.

De nombreuses recherches sont effectuées pour tenter de découvrir l'origine de la SEP. Il semblerait qu'intervienne un désordre immunitaire (processus d'auto-immunisation) qui s'attaque à la myéline. Toutefois, on ignore quel serait l'élément déclencheur de ce processus.

Voici qu'une récente recherche pointe du doigt un virus le virus d'Epstein-Barr responsable de la banale mononucléose infectieuse. Dans cette étude de cohorte menée à Toronto sur un effectif suffisant de jeunes patients, il est démontré une liaison significative entre des infections avec EBV et l'apparition de la sclérose multiple. Plus précisément, les essais menés sur 30 enfants atteints de sclérose multiple et sur 90 enfants en bonne santé, ont révélé la présence d'anticorps sanguins au virus d'Epstein-Barr chez 83% des sujets ayant la sclérose, alors que ce n'était le cas que chez 42% des enfants en bonne santé.

Les scientifiques croient que le mécanisme serait le suivant: l'interféron gamma produit lors de l'infection par EBV pourrait reconnaître les anticorps du virus comme un attaquant potentiel, et ainsi le détruiraient ainsi que les cellules nerveuses: de ce fait, la gaine de myéline dans le cerveau et le cordon médullaire seraient détruits par erreur.

Attention, rien ne prouve encore directement cette affirmation : d'autres expériences vont être nécessaires. Mais dans le cas où la relation cause/effet serait confirmée, voici de quoi réfléchir sur l'intérêt de traiter des infections bégnignes maintenant que des traitements antiviraux comme le relenza se multiplient.

Référence: Suad Alotaibi, Julia Kennedy, Raymond Tellier, Derek Stephens, and Brenda Banwell. Epstein-Barr Virus in Pediatric Multiple Sclerosis. JAMA, Apr 2004; 291: 1875 - 1879.


Un vaccin ADN expérimental protège des primates contre le virus de la variole

La variole, une maladie dévastatrice provoquée par un virus, a été supprimée en 1979 grâce aux efforts de l'organisation mondiale de la santé (OMS). Actuellement, le virus de la variole (appartenant à la classe des orthopoxvirus) est censé exister seulement dans deux sites protégés, un en Russie et l'autre aux Etats-Unis.

Cependant, il se peut que des stocks viraux non déclarés existent, et qu'ainsi, ils puissent être utilisés comme armes biologiques. Cette crainte a mené à la création et au stockage de vaccins antivarioliques ainsi qu'à la vaccination des personnels médicaux qui seraient en première ligne dans le cas d'une attaque bio-terroriste.

Étant donné que la variole ne se manifeste plus naturellement, la capacité des vaccins expérimentaux à empêcher l'apparition de la maladie chez l'humain ne peut être testée. Ainsi, la validation de futurs candidats vaccins passe par des études d'immuno-réaction et de protection chez les primates non humains. Le virus de la variole du singe est, actuellement à ce titre, le meilleur modèle non humain d'une infection par orthopoxvirus.

Dryvax, le vaccin présentement autorisé, contient le virus vivant atténué, et, ainsi, présente un certain risque de complications pour des personnes dont l'immunité est supprimée ou affaiblie. Il n'en serait pas de même pour un vaccin à ADN. On sait que la technique de ce dernier genre de vaccin repose sur l'injection d'un ADN plasmidique qui code pour un ou plusieurs gènes spécifiques de virus. Quand cet ADN pénètre dans les cellules d'un destinataire, le gène copié est exprimé et son produit est présenté au système immunitaire, qui commence à produire les anticorps protecteurs contre le virus.

Une équipe de chercheurs a construit un vaccin ADN avec quatre gènes du virus de la vaccine (vaccin 4pox). Puis, des animaux ont été divisés en quatre groupes. Dans le premier, on a vacciné deux singes avec le vaccin humain Dryvax. Dans le deuxième, deux singes ont été vaccinés avec un vaccin ADN contenant un seul gène, appelé L1R. Dans le troisième, trois singes ont reçu un vaccin ADN contre le virus de Hantaan. Le quatrième groupe d'essai était composé de trois singes vaccinés avec le vaccin ADN 4pox. Les animaux ont, ensuite, tous reçus une dose mortelle du virus de la variole du singe (monkeypox).

Les résultats ont montré que les singes vaccinés avec Dryvax n'ont manifesté aucun signe de maladie. Ceux ayant reçu le vaccin ADN L1R ont été gravement malades, mais ont récupéré, ce qui suggère que ce seul gène confère une certaine protection. Par contre, les singes vaccinés avec le vaccin ADN du virus de Hantaan ont été atteints par la variole et sont morts dans les 7 à 14 jours suivants. Enfin, les singes immunisés avec le vaccin ADN 4pox ont été entièrement protégés.

Ce travail représente donc un progrès important vers la mise au point d'un vaccin antivariolique quisoit aussi efficace que le produit courant, mais plus sûr.

Reference: JW Hooper et al. Smallpox DNA Vaccine Protects Nonhuman Primates against Lethal Monkeypox. Journal of Virology 78. 9: 4433-4443 (2004).


CALENDRIER DES PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

 Society for General Microbiology.. 154th Meeting, University of Bath - 29 March - 2 April 2004

Genomes 2004: International Conference on the Analysis of Microbial and Other Genomes. April 14-17, 2004

29th annual Cold Spring Harbor meeting. Retroviruses. May 25 - 30, 2004

American Society for Microbiology. 104th General Meeting, May 23-27, 2004, New Orleans, LA


Consulter le numéro de janvier 2002

Consulter le numéro de février 2002

Consulter le numéro de mars 2002

Consulter le numéro d'Avril 2002

Consulter le numéro de septembre 2002

Consulter le numéro d"octobre 2002

Consulter le numéro de novembre 2002

Consulter le numéro de décembre 2002

Consulter le numéro de janvier 2003 

Consulter le numéro de février 2003  

Consulter le numéro de mars 2003  

Consulter le numéro d'avril 2003  

Consulter le numéro de septembre 2003 

Consulter le numéro de novembre 2003 

Consulter le numéro de décembre 2003 

Consulter le numéro de janvier 2004 

Consulter le numéro de février 2004 

Consulter le numéro de mars 2004 



Mis à jour le 29 avril 2004