RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

 

 


Revue de presse mensuelle VOL8 N°3 NOVEMBRE 2005


Dans le domaine des sciences, nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 Jean Robin, Ph.D.


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

Virologie fondamentale

 

Virologie médicale (VIH)

 

Virologie médicale et appliquée

(Autres virus)

Calendrier des congrès en virologie

VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

Des cyanophages peuvent contribuer à la photosynthèse de leurs hôtes

Données supplémentaires sur la structure et la fonctionnalité de la glycoprotéine de spicule (S) du virus du SRAS

Caractérisation structurale du bouton de la fibre courte des adénovirus de type F

La duplication génomique a joué un rôle important dans l'évolution du Mimivirus

La grande stabilité génétique des togavirus s'explique par la théorie du fitness viral

Il apparaît possible de prévoir l'efficacité de l'inactivation virale par irradiation aux ultra-violets

La protéine ICPO du virus HSV-l est localisée dans les nucléoles

La protéine de fusion Gc des hantavirus appartient au groupe II

Découverte, chez les archaebactéries, de nouveaux virus aux caractéristiques tout a fait originales

2- CLASSIFICATION DES VIRUS

Propositions pour améliorer la taxonomie et la classification virales

3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

Le récepteur CD46 est le récepteur primaire pour les adénovirus du groupe B (sauf les sérotypes 3 et 7)

4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

5- DÉCAPSIDATION

6- RÉPLICATION

L'établissement de la latence des virus herpès passe par une inhibition de l'apoptose cellulaire

7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

8- RELARGAGE

9- INTERFÉRONS

10-ONCOGÉNÈSE

11- INFECTION ET IMMUNITÉ

Un candidat prometteur dans le traitement del'hépatite C chronique: l'interféron IL-28A

La chloroquine s'avère être efficace in vitro contre le SRAS

Les inhibiteurs de la protéase du VIH-1 (PIs) pourraient exercer quelques effets sur le virus du SRAS et peut-être, sur celui de la la grippe aviaire

Les techniques d'imagerie spectrale en microscopie électronique peuvent être un excellent outil pour le diagnostic viral

Photo-inactivation au bleu de méthylène pour l'élimination du virus du Nil occidental dans les produits sanguins

Nouvelle méthode rapide de production de vaccins antigrippe

Une puce à ADN pour l'identification rapide des souches grippales


VIROLOGIE MÉDICALE

 VIH 

Gel microbicide anti-VIH

Une bactérie pourrait contrer le sida

VIH : prophylaxie par voie orale chez le singe

Le SIDA pourrait-il faciliter l'évolution de la grippe aviaire en une forme pandémique?


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Le virus du myxome détruit les cellules tumorales du cerveau humain xénogreffées chez la souris

Un chercheur crée un test pour identifier tous les virus respiratoires

La maladie de Kawasaki peut être attribuable à un virus. Celui-ci ne serait pas le coronavirus humain N63 >>>>>NOUVEAU


CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE


NOUVELLES EN VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

Des cyanophages peuvent contribuer à la photosynthèse de leurs hôtes

L'atmosphère respirable de notre planète dépend de millions et de millions de cyanobactéries marines qui absorbent la lumière du soleil et dégagent de l'oxygène de la même façon que les plantes et forêts photosynthétiques sur terre qui constituent l'autre poumon de la planète.

Jusqu'ici on considérait que cet équilibre fragile des mers, et par conséquent le destin général de notre planète, pouvait être mis en péril par des virus appellés cyanophages : des virus marins qui attaquent et infectent spécifiquement les cyanobactéries. Ces phages, pensait-on, pouvaient nuire gravement à la santé des cyanobactéries et de la mer.

Si ce paradigme reste encore en partie valable, on vient néammoins de découvrir que les cyanophages n'ont pas seulement ce rôle négatif qui leur était attribué, mais qu'ils peuvent également avoir un rôle positif, à savoir employer leurs propres gènes de photosynthèse pour amplifier temporairement la production énergétique des bactéries qu'ils infectent. En fait, disent les chercheurs, c'est ce mécanisme qui à l'origine aurait permis aux cyanobactéries de devenir les organismes photosynthétiques les plus performants de l'habitat marin.

La nouvelle recherche démontre que des gènes photosynthétiques comme psbA et hli sont exprimés pendant l'infection de la cyanobactérie Prochlorococcus par le podovirus P-SSP7, et qu'ils sont co-transcrits avec les gènes viraux de capside. Il est également prouvé que l'expression des gènes de photosynthèse de l'hôte diminue au cours de l'infection et que la réplication du génome viral est une fonction de la photosynthèse.

Référence - D. Lindell et al, "Photosynthesis genes in marine viruses yield proteins during host infection," Nature, published online Oct. 12, 2005.


Données supplémentaires sur la structure et la fonctionnalité de la glycoprotéine de spicule (S) du virus du SRAS

La séquence complète du CoV du SRAS révèle que contrairement à certains membres de la famille, le CoV du SRAS ne possède pas d'hémagglutine-estérase. C'est pourquoi la reconnaissance des cellules hôtes et la fixation se font presque certainement par l'intermédiaire de la glycoprotéine de spicule (S) seulement. De plus la protéine représente probablement l'immunogène dominant du CoV du SRAS. Il est donc essentiel, pour pouvoir mettre au point des agents thérapeutiques antiviraux, de procéder à des études biochimiques, immunologiques et structurelles de la glycoprotéine S.

Un groupe de chercheurs, travaillant sur des études de fixation qui visent à définir les interactions de S avec l'ECA2 des cellules hôtes, vient de caractériser des régions qui permettent l'association des deux récepteurs.

Ayant produit des fragments solubles différents de la protéine S dans un système d'expression de mammifère (chacun contenant la région de fixation de l'ECA2, soit le "receptor-binding domain" (RBD), les scientifiques en utilisant des techniques de mutagénèse et la la radiocristallographie pour déterminer la structure de la protéine S et le complexe qu'elle forme avec l'ECA2, on montré que l'un des fragments possède dix régions (K390, R426, D429, T431, I455, N473, F483, Q492, Y494, R495) dont les mutations réduisent l'attachement à ECA2. De ces dix régions, R426 et N473 paraissent les plus importantes pour la fixation des récepteurs

Référence - Samitabh Chakraborti et al. The SARS Coronavirus S Glycoprotein Receptor Binding Domain: Fine Mapping and Functional Characterization. Virology Journal 2005, 2:73


Caractérisation structurale du bouton de la fibre courte des adénovirus de type F

Les adénovirus ont une spécificité très large de cibles. Les vecteurs adénoviraux se fixent par la fibre insérée dans les pentons (sommets de l'icosaèdre capsidal) sur le récepteur CAR (Coxsackievirus and Adenovirus Receptor) de la cellule cible. On sait que les adénovirus de type F possèdent deux types de fibres somitales, une courte qui ne reconnaît aucun des récepteurs, et une longue qui les reconnaît. La fibre courte ne reconnaît pas CAR, contrairement à la longue.

Il était intéressant d'étudier de façon détaillée l'extrêmité distale des fibres courtes (boutons de fibres) pour voir en quoi elle diffère de celle des fibres longues. Ceci vient d'être réalisé en examinant par cristallographie le bouton de la fibre courte de l'adénovirus 41, un entérovirus du groupe F.

Il ressort que le bouton de la fibre courte posssède trois caractéristiques peu communes. D'abord, il présente des boucles beaucoup plus courtes entre les filaments bêta. En second lieu, un des filaments bêta habituellement bien ordonné sur la face distale du bouton est fortement désordonné et cette même région est sensible à la digestion avec la pepsine, une enzyme produite naturellement dans la région intestinale, l'environnement physiologique d'Ad41. Troisièmement, la boucle AB a une délétion qui lui confère une conformation distincte incompatible avec l'attachement au récepteur CAR.

Référence - Elena Seiradake and Stephen Cusack. Crystal Structure of Enteric Adenovirus Serotype 41 Short Fiber Head. J. Virol. .2005. 79: 14088-14094


La duplication génomique a joué un rôle important dans l'évolution du Mimivirus.

Les mutations et les échanges de matériel génétique chez les virus s'effectuent dans le maintien intégral de la structure du génome viral. On conçoit aisément l'importance que représentent ces mécanismes. Les mutations sont à l'origine d'un processus évolutif lent, en revanche l'échange d'une partie de l'information génétique, telle qu'elle est représentée pour le virus de la grippe, constitue une évolution drastique qui modifie totalement la nature du génome. Mais on a découvert d'autres mécanismes d'évolution des virus qui ne nécessitent pas le maintien intégral de la structure du génome : ceux-ci se situent dans la perte d'une partie de l'information génétique ou encore dans le gain d'un fragment de cette information (duplication).

Dans le cas d'une duplication la taille du duplicon (unité de duplication) peut aller d'un acide nucléique à un génome complet (polyploïdisation). Après l'événement de duplication plusieurs scénarii sont possibles :

1) La duplication n'est pas fixée dans les populations soit à cause de pression de sélection négatives ou par dérive génétique,

2) La duplication est fixée (dans le cas d'une unité génique complète) les mécanismes sont les suivant : la première possibilité est que une des copie va garder sa " fonction " ancestrale et l'autre copie va évoluer vers une nouvelle " fonction " sous pression de sélection positive, la deuxième possibilité est que les deux copies soient " sous fonctionnalisée " une dernière possibilité est la dérive génétique.

La duplication est un mécanisme bien reconnu dans le cas des grands virus à ADN, mais elle n'a pas été étudiée chez le plus grand virus connu jusqu'ici, le Mimivirus, récemment découvert chez Acanthamoeba polyphaga.

Ceci vient d'être fait. Il est démontré qu'un tiers des gènes du mimivirus sont apparentés au moins à un autre gène dans le génome viral, fait qui ne peut s'expliquer que par une duplication segmentaire, soit ancienne, soit récente dans l'évolution du virus. Ce résultat a pu être obtenu par l'utilisation de logiciels d'alignement multiple (qui permettent la comparaison entre plusieurs séquences nucléotidiques) et la recherche dans le volume des données obtenues d'un modèle de Markov Caché (Hidden Markov Model (HMM))

Ces résultats soutiennent l'idée que les grands virus à ADN sont des organisations à 'évolution complexe, profondément enracinées dans l'arbre de la vie; ils s'opposent au paradigme qui veut que l'évolution de ce type de virus soit dominée par l'acquisition latérale de gènes.

Référence. Karsten Suhre. Gene and Genome Duplication in Acanthamoeba polyphaga Mimivirus. J. Virol. 2005 79: 14095-14101


La grande stabilité génétique des togavirus s'explique par la théorie du fitness viral

Les togaviridae, également connus sous le nom d'arbovirus du groupe A, se répliquent obligatoirement chez les moustiques avant d'être transmis aux vertébrés. L'espèce type est le virus de Sindbis. Ces virus, on le sait, connaissent une plus grande stabilité génétique que les autres ribovirus (virus à ARN) qui se répliquent uniquement chez les vertébrés.

L'hypothèse la plus communément admise pour expliquer le phénomène, repose sur la notion de fitness, capacité d'une souche virale donnée à se multiplier dans son environnement. Il faut savoir que le fitness est la résultante de plusieurs facteurs : non seulement la capacité du virus à se répliquer, mais aussi son adaptation à l'hôte, ses capacités à échapper au système immunitaire de l'hôte, à se maintenir chez l'individu. L'ensemble de ces caractères lui permet de dominer la compétition avec les autres souches qui infectent l'hôte. En effet, au sein d'un même individu, la population virale est constituée de multiples souches génétiquement proches, formant des ensembles, ou quasi-espèces, en permanente évolution. Cette diversité provient des erreurs commises par la transcriptase qui introduit des mutations dans le génome viral à chaque cycle de réplication. Au sein d'une quasi-espèce chaque souche possède un fitness différent. Ces souches sont en constante compétition pour croître dans le milieu complexe qu'est leur hôte.

Ainsi donc, on pensait que, au cours de leurs passages chez leurs hôtes successifs, les togavirus, contrairement aux virus qui se répliquent chez le même type d'hôte (donc dans des conditions relativement stables), étaient, de ce fait, soumis à des pressions de sélection diverses qui faisaient que les souches, dont l'activité et la stabilité étaient maximales dans le contexte du moment, étaient sélectionnées et devenaient majoritaires dans la population virale, alors que les souches portant des mutations diminuaient leur fitness et étaient éliminées. Au contraire, les ribovirus qui ne se répliquaient que chez un hôte voyaient le nombre de leurs leurs quasi-espèces augmenter et connaissaient donc une plus grande variabilité génétique.

Une équipe de chercheurs s'est attachée à prouver l'hypothèse en mesurant les caractéristiques génétiques (nombre de mutations, changements d'acides aminés) et biologiques (capacité réplicative) du virus de Sindbis, préalablement répliqué soit dans un seul type de cellules, soit successivement dans deux types (cellules BHK de vertébrés et cellules C6/36 de moustiques).

Il s'est ainsi avéré que, après 20 à 50 passages, les virus provenant d'un seul type cellulaire possédaient, à chaque passage, plus de mutations et de changements d'acides aminés que les virions obtenus par réplication sérielle. En outre, ainsi que l'hypothèse le prédit, les virus répliqués dans un seul type de cellules (virions spécialisés) montraient une capacité réplicative supérieure dans celles-ci, mais accusaient des pertes de cette même capacité dans d'autres types cellulaires. La plupart des virus répliqués en alternance éprouvaient moins de gains dans leur capacité réplicative et moins de mutations que les virus spécialisés. Les populations clonales dérivées de virus alternativement répliqués exhibaient une adaptation aux deux lignées cellulaires, indiquant que des populations polymorphes n'étaient pas requises pour des gains simultanés de capacité réplicative en cellules de vertébrés et de moustique. Presque tous les virus subissaient des substitutions d'Arg ou de Lys dans la glycoprotéine d'enveloppe E2, mais un attachement accru aux récepteurs était seulement détecté pour les cellules BHK.

Référence - Ivorlyne P. Greene, Eryu Wang, Eleanor R. Deardorff, Rania Milleron, Esteban Domingo, and Scott C. Weaver. Effect of Alternating Passage on Adaptation of Sindbis Virus to Vertebrate and Invertebrate Cells. J. Virol. 2005 79: 14253-14260


Il apparaît possible de prévoir l'efficacité de l'inactivation virale par irradiation aux ultra-violets

Les radiations à des longueurs d'ondes courtes ont un effet mortel sur les bactéries et les virus. Les micro-organismes sont ainsi éliminés par les rayons ultra-violets d'une longueur d'onde de 254 nm. On sait que la radiation exerce son effet léthal au niveau des acides nucléiques et des enzymes

Des expériences menées afin d'élucider les rôles des propriétés physiques et chimiques des virus et leur sensibilité aux rayons UV, avaient indiqué que, en ce qui regarde l'inactivation par irradiation aux UV des entérovirus et des bactériophages entériques, il n'existait aucune forte corrélation entre la dimension du virus et la composition génétique des entérovirus et leur réaction à l'irradiation aux UV. En effet, les résultats montraient que, alors que les taux d'inactivation des petits virus à ARN, du poliovirus 1 et du virus Coxsackie B4 par des UV à basse pression étaient très rapides et atteignaient une très grande efficacité, l'inactivation du petit bactériophage à ARN, MS2, était moindre et beaucoup plus lente et qu'il en était de même pour l'inactivation du grand virus à ADN, l'adénovirus 2. Toutefois, les taux d'inactivation des trois grands bactériophages à ADN étaient très rapides et atteignaient >5 log10 avec une dose UV de 10 mJ/cm2. Il apparaissait donc difficile, voire impossible, de prédire l'efficacité de l'inactivation virale par irradiation en se basant sur le type et la dimension du virus ou de son génome d'acide nucléique.

Toutefois, une équipe de chercheurs démontre qu'il est possible de prédire l'inactivation des virus en se basant sur un indice dit de "sensibilité normalisée pour la taille" ("size-normalized sensitivity" (SnS)).Cet indice est obtenu en multipliant l'indice d'inactivation D37 (dose de radiation qui ramène à 37% la quantité de virus) par la taille du génome viral. Les scientifiques ont constaté que les divers SNS calculés pour une grande variété de virus, à ADN ou ARN bicaténaires ou monocaténaires, sont relativement constants pour les virus ayant une structure et une composition génétique semblables. En effet, les valeurs de SnS sont semblables pour les virions complets et leurs particules défectives, même lorsque les valeurs D37 correspondantes sont sensiblement différentes.

Référence - C. David Lytle and Jose-Luis Sagripanti. Predicted Inactivation of Viruses of Relevance to Biodefense by Solar Radiation. J. Virol. 2005 79: 14244-14252.


La protéine ICPO du virus HSV-l est localisée dans les nucléoles

Lors de l'infection lytique par le virus HSV-l, la protéine virale VP16 interagit avec des facteurs transcriptionnels comme le facteur Oct-l et induit ainsi la transcription des gènes très précoces. Les produits des gènes très précoces (ICPO, ICP4 et ICP27) vont trans-activer les gènes précoces et les gènes tardifs responsables de la lyse cellulaire.

Tôt dans le cycle infectieux, ICPO se localise dans le noyau cellulaire. On ne savait pas précisément dans quel compartiment nucléaire se réfugiait la protéine. Une recherche vient de montrer que ICPO cible les nucléoles et que, pour ce faire, l'intégralité structurale du domaine RING* de la protéine est requise.

·* ICPO est une protéine de type " RING-finger ". Le domaine RING, on le sait, est caractérisé par un enchaînement spécifique d'histidine et de cystéine permettant de coordonner 2 atomes de zinc..

Référence - E. Morency, Y. Couté, J. Thomas, P. Texier1 and P. Lomonte. The protein ICP0 of herpes simplex virus type 1 is targeted to nucleoli of infected cells. Archives of Virology. Volume 150, Number 11, November 2005 , Pages: 2387 - 2395


La protéine de fusion Gc des hantavirus appartient au groupe II

Les particules virales sont entourées de glycoprotéines ancrées dans leur membrane. Ces dernières, codées par le génome viral, sont "réactives" vis-à-vis des cellules cibles. Elles sont capables de reconnaître un récepteur cellulaire spécifique permettant ainsi l'accrochage du virus. Elle vont ensuite déclencher la fusion de la membrane virale avec la membrane cellulaire. Ceci va permettre au virus d'y introduire son génome et donc de démarrer un nouveau cycle infectieux.

Ces protéines virales dites de "fusion membranaire" ont été étudiées depuis de nombreuses années. Elles ont servi de système modèle pour aborder le processus de fusion membranaire en général, qui est central à l'organisation des cellules eucaryotes. A la surface des particules virales, les protéines de fusion membranaire adoptent une conformation dite " métastable ", qui signifie qu'elles ne sont pas dans leur conformation la plus stable. C'est en effet l'interaction avec la cellule cible qui provoque un changement structural qui va leur permettre de gagner cette conformation la plus stable en libérant de l'énergie, énergie utilisée pour forcer la fusion des deux membranes. Le changement structural expose le "peptide de fusion", un segment de la glycoprotéine, qui va s'insérer dans la membrane cible pour forcer le rapprochement et la déformation des deux membranes.

Il y a deux classes de protéines virales de fusion. Les protéines de fusion de catégorie I ( HIV, virus grippal, virus Ebola, virus syncitial ... ) sont des trimères identiques les uns aux autres qui se projettent de la surface virale. Activées par la fixation au récepteur cellulaire ou un pH acide, ils déclenchent des séries de changement de conformation: une partie de la protéine de fusion s'insère dans la paroi cellulaire, liant ainsi les 2 membranes, virale et cellulaire. Ces modifications de conformation permettent ensuite un mélange des lipides.

Les protéines de fusion de la classe II (virus comme ceux de la dengue, la fièvre jaune, le virus West Nile) fusion se distinguent par leur architecture et la nature de leur changement de conformation.

On ignorait, dans le cas des hantavirus, à quelle classe appartiennent leurs protéines de fusion Gn et Gc. Une étude vient de démontrer que la protéine Gc appartient à la classe II. Le travail présente un modèle structural de la protéine Gc.

Référence - Nicole D. Tischler et al. Hantavirus Gc glycoprotein: evidence for a class II fusion protein . J Gen Virol 86 (2005), 2937-2947


Découverte, chez les archaebactéries, de nouveaux virus aux caractéristiques tout a fait originales

Notre connaissance de la diversité des virus infectant les micro-organismes procaryotiques des environnements extrêmes demeure encore très rudimentaire. Sur un peu plus de 50150 virus de procaryotes décrits à ce jour, une quarantaine seulement ont pour hôtes des Archaea halophiles, méthanogènes, thermoacidophiles ou hyperthermophiles. Néanmoins, les études menées récemment chez les Archaea hyperthermophiles des environnements hydrothermaux terrestres ou océaniques suggèrent l'existence d'une impressionnante diversité morphologique et génomique virale.

Parmi les différents morphotypes découverts, la forme " citron " prévaut, mais des bâtonnets rigides, des filaments et des formes uniques pléomorphes, encore jamais observées, ont également été découverts. La majorité de ces nouveaux virus a été isolée à partir du phylum des Crenarchaeota, principalement parmi les représentants thermoacidophiles de l'ordre des Sulfolobales. À l'opposé, un seul virus a été décrit chez les Euryarchaeota hyperthermophiles. L'analyse des génomes de ces nouveaux virus montre que 90 à 100 % des protéines encodées n'ont aucun homologue connu.

Les virus des hyperthermophiles représentent donc un important réservoir de nouvelles structures protéiques et de nouvelles fonctions biologiques.

Référence - C. Geslin, M. Le Romancer, M. Gaillard, D. Prieur. Diversité virale associée aux écosystèmes hydrothermaux océaniques profonds et aux sources chaudes terrestres. Virologie. Numéro 9, volume 5, 357-66, septembre-octobre 2005, revue


2- CLASSIFICATION DES VIRUS

Propositions pour améliorer la taxonomie et la classification virales

Le dernier rapport 2005 de l'ICTV (Comité international sur la taxonomie des virus), responsable de la nomenclature et de la classification virales, énumère plus de 6.000 virus classifiés dans 1950 espèces et plus de 391 taxa différents. Toutefois, GenBank, où est conservé l'ensemble des données disponibles sur les séquences nucléotidiques connues, renferme 3142 séquences virales non prises en compte par l'ITC.

Un article passe en revue les raisons d'une telle situation et suggère ce qui pourrait être fait dans un proche avenir pour remédier à ce problème, rendu plus aigü par le fait que le décuplement des techniques de séquençage doit produire encore plus de virus non classifiés. Un certain nombre de changements devront être apportés tant chez l'ICTV que chez GenBank pour améliorer, dans le futur, la taxonomie et la classification virales.

Les auteurs pensent que les anciennes pratiques ont vécu. Selon eux, le raccordement électronique entre les bases de données relatives aux séquences, le stockage des données biologiques et la manipulation des propositions taxonomiques sont les solutions d'avenir. Il s estiment que l'interposition humaine est toujours indispensable, mais devrait être limitée au processus décisionnel, toutes les autres interventions étant mieux réalisées électroniquement.

Concrètement, ceci signifiera une meilleure collaboration entre les personnes responsables des différents types de bases de données, les personnes impliquées dans l'organisation de l'ICTV, et les différents investigateurs eux-mêmes. Les logiciels devront être adaptés ou conçus pour améliorer la taxonomie et la nomenclature virales, l'ICTV devra reviser son mode de traitement des isolats de virus, et les scientifiques devront être mieux formés en taxonomie. Concernant le processus décisionnel pour la classification finale des isolats viraux, le rôle majeur reviendra à l'ICTV qui, seule, possède l'expertise voulue. En conséquence, il faudra que le Comité travaille plus étroitement avec GenBank pour établir la base de données électronique qui permettra de travailler en temps réel et de faire face à une augmentation exponentielle des virus non classifiés.

Référence - CM Fauquet and D Fargette. International Committee on Taxonomy of Viruses and the 3,142 unassigned species. Virology Journal 2005, 2:64


3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

Le récepteur CD46 est le récepteur primaire pour les adénovirus du groupe B (sauf les sérotypes 3 et 7)

Les adénovirus (Ad) causent, le plus fréquemment, des infections respiratoires. Cependant, dépendamment du sérotype qui infecte, ils peuvent aussi causer d'autres types de maladies comme les gastro-entérites, les conjonctivites et des " rash ". Il existe 51 sérotypes d'adénovirus humains répartis en 6 groupes (A à F).

De nombreuses recherches sont poursuivies pour identifier le(s) récepteur(s) des Ad, de définir son (leur) rôles dans la cellule eucaryote et de comprendre par des méthodes de biologie moléculaire et de biophysique l'interaction de la fibre (et donc du virus) avec le récepteur (et donc avec la cellule).

Il avait été démontré, pour l'adénovirus de type 11 (groupe B) que l'attachement de la particule infectieuse à la membrane plasmique s'effectuait à l'aide du récepteur cellulaire cofacteur de la membrane CD46. Le CD46 appartient à la famille des régulateurs de la fixation du complément et est présent à la surface de toutes les cellules.

Une nouvelle étude permet de généraliser cette constatation à tous les adénovirus du groupe B exceptés les types 3 et 7.

Référence - Marko Marttila et al. CD46 Is a Cellular Receptor for All Species B Adenoviruses except Types 3 and 7. Journal of Virology, November 2005, p. 14429-14436, Vol. 79, No. 22


4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE


5- DÉCAPSIDATION


6- RÉPLICATION

L'établissement de la latence des virus herpès passe par une inhibition de l'apoptose cellulaire

On postule que, pour mener à bien leur cycle, les virus latents doivent avoir sélectionné des mécanismes qui préservent l'intégrité des cellules qu'ils infectent. Il est probable que ces virus sur-exprimeraient ainsi des molécules qui favoriseraint la survie de la cellule et/ou lui permettraient d'échapper à la réponse immunitaire. Parmi ces molécules, on pense que devraient être spécialement importantes celles qui permettrraient aux virus d'échapper à l'apoptose cellulaire. Nombreux sont ces composés. Parmi eux, la protéine cellulaire inhibitrice de l'apoptose, la protéine Bcl-2, est une possibilité intéressante. Restait à en faire la démonstration.

Ceci est fait. Le rôle de la protéine inhibitrice d'apoptose Bcl-2 dans le cycle des virus herpès est démontré par un article qui prouve que ces virus synthétisent deux telles protéines pour initier la phase de latence au cours de laquelle ils restent dormants dans les cellules. L'inactivation des deux gènes Bcl-2 fait que les virus n'entrent pas en phase de latence, mais s'engagent, au contraire, dans le cycle lytique.

Référence - Altmann M, Hammerschmidt W (December 2005) Epstein-Barr Virus Provides a New Paradigm: A Requirement for the Immediate Inhibition of Apoptosis. PLoS Biol 3(12): e404


7 - MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO


8- RELARGAGE


9- INTERFÉRONS


10- ONCOGÉNÈSE


11- INFECTION ET IMMUNITÉ

Un candidat prometteur dans le traitement del'hépatite C chronique: l'interféron IL-28A

Il y a plusieurs formes d'interféron appelées : alpha, beta, gamma. Dans l'hépatite C c'est l'interféron alpha qui est utilisé. Il y a deux interférons alpha : l'alpha 2a et l'alpha 2b. Les deux sont (ou plutôt étaient) utilisés en traitement par interféron seul, aujourd'hui c'est l'interféron alpha pégylé qui a obtenu l'autorisation d'utilisation en thérapie combinée avec la ribavirine.

L'administration d'interféron alpha aux doses utilisées entraîne des effets indésirables fréquents qui sont dominés par le syndrome pseudo-grippal (asthénie, fièvre, frissons, myalgies, douleurs lombaires, céphalées, anorexie, amaigrissement, nausées, diarrhée, douleurs abdominales, diminution de la concentration, irritabilité, insomnies, neutropénie) et des effets secondaires rares qui dépendent du terrain (dépression, hypothyroïdie, hyperthyroïdie, épisode délirant, crise d'epilepsie, manifestations auto-immunes, thrombopénie, anémie).

La recherche s'efforce de trouver de nouveaux interférons qui, tout en gardant la même efficacité, présenteraient de moindres effets secondaires que l'interféron alpha.

Des résultats encourageants viennent d'être obtenus par un groupe de chercheurs utilisant l'interféron IL-28A . Ce dernier appartient à une nouvelle famille de cytokines qui, bien que le degré d'homologie de leur séquence avec les IFNa\ß soit faible, partagent de nombreuses caractéristiques biologiques avec les IFN de type I: ils sont induits par les mêmes stimuli comme l'infection virale ou la stimulation des récepteurs Toll.

Dans leur étude [2], les auteurs ont examiné in vitro la capacité des IFN? à inhiber la multiplication de "réplicons" du virus de l'hépatite C (VHC). Ils ont trouvé que, comme les IFN de type I, l'interféron IL-28A induit un état de résistance antivirale dans la cellule et augmente l'expression des HLA de classe I. De plus, l'interféron 28A semble agir de façon synergique avec l'interféron alpha dont il augmenterait l'efficacité.

L'interféron 28A apparaît donc comme un bon candidat dans le traitement del'hépatite C chronique.

Référence - Haizhen Zhu et al. Novel type I interferon IL-28A suppresses hepatitis C viral RNA replication. Virology Journal 2005, 2:80


La chloroquine s'avère être efficace in vitro contre le SRAS

Une équipe de recherche vient de révéler qu'un ancien médicament contre le paludisme (la chloroquine) s'avèrait être efficace contre le SRAS. Les chercheurs ont découvert que la chloroquine freinait la multiplication du virus SRAS dans les cellules rénales de singes. Et ceci avait lieu quand la drogue était dispensée tant avant infection (aspect préventif) qu'après celle-ci (aspect curatif); ce, à des concentrations comparables à celles qui sont utilisées contre le paludisme.

De plus, les scientifiques ont démonté le mécanisme d'action de la chloroquine. Il appert que, en plus de sa fonction bien connue d'élévation du pH endosomal, la drogue semble interférer avec la glycosylation terminale du récepteur cellulaire ECA2, influençant négativement l'attachement de la glycoprotéine S virale et empêchant, de ce fait, l'infection de la cellule-hôte.

Une expérience similaire n'est pour le moment pas possible sur un homme, puisqu'il n'y a, a priori, plus de patient "SRAS" à l'heure actuelle. Si les études continuent à être menées sur des singes et des souris, un test sur un patient humain pourrait immédiatement et facilement être réalisé en cas de nouvelle épidémie de SRAS.

Référence - Martin J Vincent et al. Chloroquine is a potent inhibitor of SARS coronavirus infection and spread. Virology Journal 2005, 2:69


Les inhibiteurs de la protéase du VIH-1 (PIs) pourraient exercer quelques effets sur le virus du SRAS et peut-être, sur celui de la la grippe aviaire.

Quand des maladies nouvellement émergentes telles que le syndrome respiratoire aigu (SRAS) et la grippe aviaire, deviennent une menace sérieuse à la santé publique, une réponse immédiate est impérative. Celle-ci devrait prendre en compte les drogues antivirales déjà autorisées pour vérifier si elles seraient de nature à pouvoir contrer les nouveaux virus.

Dans le droit fil de cette approche, des chercheurs viennent d'apporter l'évidence que les inhibiteurs de la protéase du VIH-1 (PIs) actuellement utilisés dans les thérapies anti-HIV-1 pourraient exercer quelques effets sur le virus du SRAS et peut-être, sur celui de la la grippe aviaire.

En ce qui concerne le virus du SRAS, la démonstration des avantages potentiels des PIs est fournie par des études cliniques empiriques, des analyses virales d'inhibition in vivo et des simulations informatiques de l'amarrage de ces composés sur l'emplacement actif de la protéase principale virale.

Dans le cas du virus de la grippe aviaire la démonstration apportée est indirecte. Les chercheurs, par simulation in silico, ont pu montrer l''amarrage des Pis à un modèle théorique d'une sous-unité de la polymérase ARN-dépendante d'un virus Influenza de type A. De ce fait, la probabilté qu'il pourrait en être de même avec le virus aviaire existe.

Il ressort donc de ces résultats que les PIs devrait être sérieusement pris en compte pour tester de façon plus précise leur utilisation comme agents thérapeutiques potentiels contre le SRAS et la grippe aviaire

Référence - Andrea Savarino. Expanding the frontiers of existing antiviral drugs: Possible effects of HIV-1 protease inhibitors against SARS and avian influenza. Journal of Clinical Virology. Volume 34, Issue 3, November 2005, Pages 170-178


Les techniques d'imagerie spectrale en microscopie électronique peuvent être un excellent outil pour le diagnostic viral.

On sait que les images en microscopie électronique de différents virus peuvent être très semblables dans la forme. C'est le cas, par exemple, des virus à symétrie icosaédrique. Ce fait limite l'usage de la microscopie électronique comme outil diagnostique en virologie.

Pour solutionner le problème, il faut avoir recours à des techniques d'observation de haute résolution. Parmi elles, il faut mentionner les techniques d'imagerie spectrale en microscopie électronique. Celles-ci sont largement exploitées par les physiciens mais de façon insuffisante par les biologistes.

Un article vient de paraître qui rend compte de l'essai de la méthode sur trois virus icosaédriques appartenant à la famille des picornavirus, soit: astrovirus, virus de l'hépatite A (HAV) et poliovirus. Il appert que ces virions de taille et de forme semblables ont pu être aisément distingués. Les techniques d'imagerie spectrale en microscopie électronique peuvent donc être un excellent outil pour le diagnostic viral.

Référence - Hannah Ong and Vinod Chandran. Identification of gastroenteric viruses by electron microscopy using higher order spectral features. Journal of Clinical Virology. Volume 34, Issue 3, November 2005, Pages 195-206


Photo-inactivation au bleu de méthylène pour l'élimination du virus du Nil occidental dans les produits sanguins

Des cas de transmission du virus du Nil occidental (VNO) par transfusion sanguine et transplantation d'organes ont été confirmés au Canada et aux États-Unis. Il importe donc d'assurer la sécurité des produits sanguins.

La photo-inactivation au bleu de méthylène est déjà utilisée pour éliminer les virus dans les produits sanguins. Un article montre que la méthode est particulièrement efficace contre le VNO réussissant à éliminer jusqu'à 107 pfu/ml de virus et, ce, sans infectivité résiduelle.

Référence - James F. Papin, Robert A. Floyd and Dirk P. Dittmer. Methylene blue photoinactivation abolishes West Nile virus infectivity in vivo. Antiviral Research.. Volume 68, Issue 2, November 2005, Pages 84-87


Nouvelle méthode rapide de production de vaccins antigrippe

La production d'un vaccin anti-grippe peut prendre jusqu'à six mois car les laboratoires doivent tout d'abord identifier la nouvelle variété du virus, le désarmer génétiquement avant d'en produire des copies nécessaires pour fabriquer un vaccins. Ceci est difficilement compatible avec une gestion efficace d'une éventuelle pandémie.

La production accélérée de vaccins contre les virus très virulents de la grippe aviaire y compris le H5N1, responsable de l'épizootie de volailles en Asie du Sud-Est, est donc une priorité.

Des virologues américains et japonais ont utilisé une nouvelle méthode de manipulation génétique pour priver les virus de la grippe de leur virulence, ouvrant la voie à une production plus rapide de vaccins. Cette méthode, dite de "génétique inversée", permet de fabriquer un virus souche dans des cellules rénales de singe, qui, telles de petites usines, fabriquent des millions de copies du virus privé de sa virulence. Ces virus, "génétiquement manipulés", sont ensuite injectés dans des oeufs pour produire des vaccins permettant au système immunitaire humain de reconnaître et de détruire un pathogène similaire doté de toute sa virulence. La nouvelle méthode, en permettant de réduire le nombre de vecteurs nécessaires au clonage du virus génétiquement modifié, fait que le cycle de production de copies par des cellules rénales de singe est nettement plus court.

Référence - Gabriele Neumann, Ken Fujii, Yoichiro Kino, and Yoshihiro Kawaoka. An improved reverse genetics system for influenza A virus generation and its implications for vaccine production. PNAS published November 2, 2005, 10.1073/pnas.0505587102


Une puce à ADN pour l'identification rapide des souches grippales

On sait qu'une puce à ADN est une technologie récente permettant de visualiser les gènes exprimés (transcrits).

La puce est une plaque de petite taille sur laquelle sont fixés des brins monocaténaires (un seul brin au lieu des deux habituels) d'ADN, chacun correspondant au brin complémentaire d'un ARN messager (ARNm). On peut fixer sur cette plaque plusieurs dizaines de milliers de fragments d'ADN (et donc étudier l'expression d'autant de genes). Les ARNm (provenant des genes exprimés) sont extraits de la cellule a analyser et des fluorochromes sont fixés dessus. Puis l'echantillon des ARNm est versé sur la plaque: chaque brin d'ARNm va s'hybrider au brin monocaténaire d'ADN qui lui est complémentaire pour former un double brin. La plaque est ensuite nettoyée pour éliminer les brins d'ARNm ne s'étant pas hybridés. Elle est ensuite scannée au laser et une image de la puce est créée : chaque fois qu'il y a eu hybridation, le fluorochrome fixé sur l'ARNm a émis dans la longueur d'onde du laser et cela est visible par un point de couleur (rouge pour des fluorochrome émettant dans le rouge...)

L'équipe de Kathy Rowlen, de l'Université du Colorado à Boulder, aux Etats-Unis, annonce la mise au point d'une puce à ADN contenant les marqueurs génétiques de différentes souches virales et capable d'identifier en onze heures une souche de grippe, contre quatre à cinq jours pour les méthodes actuelles, qui nécessitent une phase de culture en laboratoire.

La puce de l'Université de Boulder, développée avec un financement public de 2 millions de dollars sur 5 ans, a été testée par les laboratoires du Centre de contrôle des maladies (CDC). Elle est efficace à 90%. D'autres tests doivent la comparer aux méthodes d'analyse virale standard au cours des prochaines semaines.

Source- United Press International

http://www.upi.com/HealthBusiness/view.php?StoryID=20051108-041801-2426r


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE


VIH

Gel microbicide anti-VIH

La population africaine est la plus touchée par le sida. Prévention et protection y sont difficiles à appliquer. L'utilisation du préservatif masculin n'est pas très répandue chez les hommes et l'application du préservatif féminin est toujours très délicate à négocier avec le partenaire.

La solution pour faciliter la prévention est de rendre les femmes autonomes. Un gel microbicide permettrait de ne pas obtenir l'assentiment du partenaire pour se protéger.

Des chercheurs publient des résultats prometteurs pour un gel prévenant l'infection des cellules par le VIH. Ils ont, en effet, testé sur des femelles macaques un gel vaginal composé de trois molécules qui empêchent l'entrée du virus du sida dans les cellules. L'une des molécules se lie au récepteur CCR5, porte d'entrée cruciale pour le VIH ; l'autre se lie à la protéine de surface gp120, toujours pour éviter que le virus s'en serve ; enfin la 3ème molécule, un peptide, s'oppose à l'internalisation du virus une fois que les récepteurs ont joué leur rôle.

Environ 75% des femelles macaques traitées avec au moins l'une des molécules ont évité l'infection par une version humanisée du virus de l'immunodéficience simienne. La meilleure protection était offerte par la combinaison des trois molécules. Autre résultat intéressant : le gel restait efficace lorsqu'il était appliqué 6 heures après la mise en contact avec le virus.

Référence - Ronald S. Veazey… John P. Moore. Protection of macaques from vaginal SHIV challenge by vaginally delivered inhibitors of virus-cell fusion. Nature advance online publication; published online 30 October 2005


Une bactérie pourrait contrer le sida

Utiliser une bactérie de la flore intestinale comme traitement préventif anti-VIH, c'est l'idée de biologistes américains de l'Institut nationnal du cancer.

Les chercheurs ont génétiquement modifié une souche de la bactérie Escherichia Coli afin de lui faire produire une proteïne empechant la fusion entre le VIH et la cellule cible. Introduite dans des souris femelles, E.Coli a colonisé, sans effets indésirables notoires, les muqueuses intestinales, vaginales et rectales qu'elle ont tapissées de leur sécretion anti-VIH.

Toutefois, il reste encore à tester l'inocuité de la méthode. En effet, on ne connaît pas les éventuelles conséquences à long terme d'une colonisation des muqueuses par des bactéries modifiées génétiquement. De toutes façons, la méthode est loin d'être applicable à l'homme chez qui les méthodes de prévention restent le meilleur moyen de se prémunir contre le VIH.

Référence - Srinivas Rao, Stella Hu, Louise McHugh, Kira Lueders, Ken Henry, Qi Zhao, Richard A. Fekete, Sudeshna Kar, Sankar Adhya, and Dean H. Hamer. Toward a live microbial microbicide for HIV: Commensal bacteria secreting an HIV fusion inhibitor peptide. PNAS | August 23, 2005 | vol. 102 | no. 34 | 11993-11998


VIH : prophylaxie par voie orale chez le singe

L'attachement d'un agent infectieux (bactérie, virus, champignon, etc.) à son hôte constitue la première étape du processus infectieux. Bloquer ce moment clef est conceptuellement une approche thérapeutique intéressante. L'entrée du VIH dans la cellule est la conséquence d'un processus complexe d'interactions entre enveloppe virale et surface cellulaire qui peut être schématiquement divisé en trois étapes :

La première est l'attachement du virus : elle correspond à l'interaction de la protéine gp120 - située à la surface de l'enveloppe virale - avec les récepteurs CD4 exprimés à la surface des lymphocytes T.

La deuxième étape, ou liaison aux co-récepteurs, implique l'association de la gp120 avec un récepteur, généralement CCR5 ou CXCR4, normalement prévu pour interagir avec les chimiokines et ainsi déclencher une réaction immunitaire.

La troisième et dernière étape, de loin la plus complexe, est la fusion membranaire, elle implique l'intervention de la protéine virale gp41.

Chacune de ces trois étapes est la cible potentielle de nouveaux médicaments. Ainsi, une somme considérable de recherches est présentement accomplie dans le but de mettre au point des inhibiteurs de la liaison, dont, entre autres, le composé UK-427857 (maraviroc) est un exemple. Des résultats récents montrent que l'administration par voie orale de cet inhibiteur du corécepteur cellulaire CCR5 peut protéger des macaques d'une infection expérimentale par le SHIV, modèle du VIH chez le singe. La voie orale a été essayée car elle est d'emploi plus aisé qu'une préparation locale pour la prévention de l'infection lors des rapports sexuels.

Globalement, les protocoles testés permettent de prévenir l'infection chez environ 50% des animaux, chiffre inférieur à ce qui était obtenu avec une application locale de l'inhibiteur de CCR5. Néanmoins, les chercheurs ajoutent que chez les singes qui avaient été infectés malgré l'administration de cet inhibiteur, on notait une charge virale réduite par rapport aux singes qui n'avaient reçu aucun traitement. Il y a donc de bonnes raisons de penser que cette approche par voie orale reste prometteuse pour la prévention de l'infection. Avant tout, il faut attendre les résultats de la recherche que mène actuellement le laboratoire Pfizer sur l'imocuité chez l'humain de l' UK-427857 .

Référence - Gerd Fätkenheuer…Elna van der Ryst. Efficacy of short-term monotherapy with maraviroc, a new CCR5 antagonist, in patients infected with HIV-1. Nature Medicine 11, 1170 - 1172 (2005)


Le SIDA pourrait-il faciliter l'évolution de la grippe aviaire en une forme pandémique?

Actuellement, le virus H5N1 ne peut pas passer facilement d'humain à l'humain. Il a jusqu'ici infecté environ 125 personnes dans le Sud-est asiatique, mais la plupart de celles-ci l'ont contracté au contact des oiseaux infectés. Les experts craignent que la promiscuité, dans cette région, des oiseaux et des personnes pourrait amener le virus à évoluer vers une forme encore plus mortelle.

Un spécialiste de la grippe, de l'hôpital du "St Jude Children's Research Hospital" à Memphis, vient de déclarer que le phénomène pourrait être accéléré quand H5N1 atteindra l'Afrique de l'Est, où le SIDA est très répandu.

En effet, dit-il, l'expérience avec les patients cancéreux immuno-compromis montre qu'ils ne peuvent pas éliminer le virus normal de la grippe de leurs organismes, et qu'ils abritent des copies du virus pendant des semaines. Il pourrait en être de même, pour le virus H5N1, avec les patients atteints du SIDA. Ces personnes fourniraient ainsi au virus de la grippe aviaire l'occasion de devenir mieux adapté à l'organisme humain et de muter en une forme pandémique.

Par ailleurs, on peut penser que, à cause de leur état de santé compromis et de l'effondrement de leurs défenses immunologiques, les individus sidéens pourraient rapidement décéder à la suite de l'atteinte par H5N1, rendant ainsi impossible le scénario ci-dessus.

Source - BBC News

http://news.bbc.co.uk/1/hi/health/4444940.stm


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Le virus du myxome détruit les cellules tumorales du cerveau humain xénogreffées chez la souris

Dans le domaine de la thérapeutique anticancéreuse, une des initiatives les plus prometteuses touche au développement et à la mise à l'essai de virus oncolytiques pour cibler et détruire les cellules cancéreuses. Si certains d'entre eux, tels que l'adénovirus Onyx-015 ou l'herpèsvirus G207,doivent être génétiquement modifiés, d'autres, comme les réovirus, les parvovirus ou le virus de la stomatite vésiculaire sont naturellement oncolytiques.

Une équipe de scientifiques canadiens vient de démontrer que le virus du myxome, un poxvirus, est un naturel et efficace virus oncolytique. Les résultats démontrent, en effet, que ce virus détruit les cellules tumorales du cerveau humain xénogreffées chez la souris.

L'injection, du virus dans les tumeurs, non seulement a été bien tolérée (avec seulement une inflammation minimale au site de l'inoculation), mais a également permis d'éliminer complètement les cellules tumorales dans un délai de 130 jours. Les animaux ont continué à être infectés très localement par le virus au site d'injection, mais cette infection a été sans conséquences pour eux.

Tout ceci suggère que le virus de myxome mérite de continuer à être étudié comme éventuel traitement des tumeurs malignes du cerveau chez l'humain. L'équipe a déjà en mains le protocole d'une telle recherche.

Source - Site des nouvelles du Robarts Research Institute

http://www.robarts.ca/news.php?newsonly=1


Un chercheur crée un test pour identifier tous les virus respiratoires

Jusqu'à présent, les tests utilisés pour identifier les virus donnaient des diagnostics positifs précis dans 75 à 80 pour cent des cas, ce qui veut dire qu'ils échouaient dans 15 à 20 pour cent des cas. En outre, les tests habituels ne décèlaient pas les nouveaux virus comme la souche H5N1 de l'influenza du poulet.

Voici que la Tm Bioscience Corporation (Toronto), un chef de file sur le marché des tests génétiques commerciaux, vient d'annoncer, dans le cadre d'une collaboration avec des chercheurs de l'Université McMaster de Hamilton, Ontario, Canada, la mise au point d'un panel viral des voies respiratoires supérieures qui détecte à 100% tous les principaux virus respiratoires humains, y compris le H5N1 (grippe aviaire) et le SRAS.

Ce test pourrait jouer un rôle majeur en cas de pandémie en identifiant rapidement les individus contaminés et en limitant la contagion dans la population

Le prototype fait actuellement l'objet d'une optimisation et sera soumis à des essais cliniques au cours des prochaines semaines. Tm Bioscience discute avec des organismes de réglementation, notamment la FDA, au sujet de la préparation de demandes de diagnostic in vitro (IVD) visant une procédure d'évaluation accélérée.

Source - http://www.prnewswire.com/cgi-bin/stories.pl?ACCT=104&STORY=/www/story/11-02-2005/0004206231&EDATE=


La maladie de Kawasaki peut être attribuable à un virus. Celui-ci ne serait pas le coronavirus humain N63

La maladie de Kawasaki (MK), vascularite fébrile multisystémique, aussi appelée syndrome adénocutanéomuqueux, touche essentiellement l'enfant de moins de 5 ans. Son évolution est habituellement favorable mais si elle n'est pas soignée, elle peut donner lieu à la formation d'un anévrisme dans l'artère coronaire dans 15 à 25 % des cas. L'anévrisme peut alors éclater, mais rarement.

L'étiologie est inconnue bien qu'un agent infectieux soit fortement suspecté. Cette hypothèse est renforcée par la survenue de la maladie sur un mode épidémique, souvent en hiver et au printemps, ainsi que par l'observation (rare) de sa présence chez les enfants de moins de 30 mois, probablement protégés par les anticorps maternels. Des résultats récents tendent, maintenant, à confirmer qu'un agent infectieux , en l'occurrence un virus, pourrait jouer le rôle d'élément déclenchant.

Au cours de précédents travaux, les chercheurs avaient montré que des anticorps synthétiques semblables aux immunoglobulines A (IgA) fabriquées par les enfants atteints de MK allaient se fixer à des structures sphériques dans l'épithélium bronchique cilié des petits malades. Utilisant différents types de microscope, les chercheurs se sont intéressés de plus près à ces structures. D'après leurs résultats (1), ces dernières correspondent à des inclusions cytoplasmiques (de diamètre allant jusqu'à 1,4 micromètres) composées de protéines et d'acides nucléiques caractéristiques d'un agent infectieux viral. Ces observations suggèrent donc fortement la présence d'un virus qui pourrait être pris en charge par les lymphocytes dans les poumons et transporté via la circulation sanguine, infectant d'autres tissus, dont les coronaires, et provoquant les anévrismes, le risque essentiel de la maladie de Kawasaki.

Le pathogène en cause n'a pas été identifié. Récemment, l'épidémie de SRAS a donné un regain d'intérêt pour les coronavirus humains (HCoV) jusqu'alors considérés comme des agents impliqués dans le rhume banal. Le fait que des structures pulmonaires aient été détectées dans l'épithélium bronchique des petits malades atteints par le syndrome de kawasaki, a conduit d'autres chercheurs a voir s'il ne pourrait s'agir de coronavirus humains.

Une équipe qui s'intéressait au coronavirus NL63 présente des résultats qui innocentent ce virus. En effet, la recherche par reverse-transcriptase (RT) PCR et culture virale (2) n'a été positive que dans 2 % des sécrétions pulmonaires issues de patients souffrant de MK.

Références -

(1) Anne H. Rowley, …Jan M. Orenstein. Cytoplasmic Inclusion Bodies Are Detected by Synthetic Antibody in Ciliated Bronchial Epithelium during Acute Kawasaki Disease . The Journal of Infectious Diseases 2005;192:1757-1766.

(2) Chisato Shimizu …Jane C. Burns. Human Coronavirus NL63 Is Not Detected in the Respiratory Tracts of Children with Acute Kawasaki Disease. The Journal of Infectious Diseases 2005;192: 1767-1771.


 

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Mis à jour le 25 novembre 2005